FAVORISER LA NAISSANCE PHYSIOLOGIQUE = RECONNAÎTRE LES BESOINS DES FEMMES QUI ACCOUCHENT ET Y RÉPONDRE.

doulaUne relation sexuelle, une grossesse, une naissance, l’allaitement. Voilà comment nous, mammifères, nous reproduisons. Le CONTEXTE propice au bon déroulement de ces processus normaux chez la femme est, à peu de choses près, le même à chaque étape.

LA CORPS DE LA FEMME QUI ACCOUCHE….Met en place une dynamique hormonale parfaitement adaptée à ce qui se passe en lui. Il sait que le bébé est prêt à venir au monde ; il sait comment contracter efficacement ; il sait qu’il doit laisser passer son bébé ; il sait le pousser dans le monde ; il sait le nourrir ; et il sait que le placenta doit être évacué une fois son travail accompli.
Mais il a ses conditions ! Sont absolument essentielles :

Son INTIMITÉ :
Être avec les personnes choisies, entouré d’une équipe restreinte que la femme connaît déjà.
Limiter les allées et venues, et les conversations
Pouvoir choisir le nombre et le moment des examens vaginaux
Se couvrir, s’habiller ou se déshabiller comme on le veut
Choisir des positions « intimes » ; le front posé, les yeux fermés…
Assurer une pénombre maximale dans la pièce
Ne pas sentir observée
Se sentir libre de se comporter comme on le veut

Sa SÉCURITÉ :
Être entouré de personnes calmes, chaleureuses et qui n’ont aucun doute sur sa capacité de donner la vie.
Le stress est communicatif…
Se sentir aimée, comprise, réconfortée, rassurée
Pour certaines, le contact physique est très rassurant, pour d’autres il est envahissant…
Être bien informée avant le jour de l’accouchement, et avoir avec elle les personnes pouvant simplement clarifier le contexte si des décisions doivent être prises. Ceci évite bien des angoisses…

Sa LIBERTÉ :
Bouger
Boire/manger ou pas
Choisir ses positions
Prendre un bain, avoir un contact avec l’eau chaude … ou froide !
Bouger sur un ballon
Être touchée, câlinée… ou pas !
Faire des sons, respirer à son rythme
Dire ce qui nous préoccupe, nous libérer de nos peurs

En plus…chaleur…silence…TEMPS…

ET C’EST AINSI QUE LE « VIEUX » CERVEAU DE LA FEMME, CELUI QUE NOUS PARTAGEONS AVEC LES ANIMAUX, POURRA ORCHESTRER CETTE NAISSANCE.

CHAQUE PEUR, CHAQUE INSTRUSION ÉLÈVERA LE STRESS, QUI STIMULERA LE NÉO-CORTEX (cette partie du cerveau qui analyse, réfléchit, pense…) À SÉCRÉTER DES HORMONES DE STRESS. EMPÊCHANT AINSI LE CERVEAU ARCHAÎQUE DE LIBÉRER LES HORMONES DE L’ACCOUCHEMENT…

ET, À QUOI PEUT RESSEMBLER UN ACCOUCHEMENT QUAND LA MÈRE BAIGNE DANS SES HORMONES ? VOYEZ ICI…

 

MES DÉSIRS EN CETTE SEMAINE MONDIALE DE L’ACCOUCHEMENT RESPECTÉ

doulaJe vous avais promis un billet rempli de mes souhaits en cette Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté …. Et voilà. Pouf ! C’est vendredi, déjà… qu’à cela ne tienne, pour ma part c’est toujours le Jour de l’Accouchement Respecté ! Alors je vous les envoie , mes souhaits….

EN TANT QUE FEMME ET MAMAN ;
Je souhaite de tout mon cœur que la transmission des expériences d’accouchement et d’allaitement reprenne une place privilégiée dans nos conversations ( et nos Tentes Rouges…), pour permettre aux mères de décharger et aux enfants de grandir en contact avec ces processus normaux. Peut-être, ainsi, les générations futures aborderont leur propre parentalité avec plus d’assurance et de simplicité.

Je souhaite que l’éducation sexuelle soit remise au programme scolaire. Pour que tous les enfants, de tous les milieux, aient accès à une information simple, juste et honnête et se forgent une sexualité saine et respectueuse.
Je souhaite que ceux qui le souhaitent soient en mesure de simplifier leur vie, de dégager du temps et de l’espace pour que les femmes reprennent un rythme qui leur ressemble. Plus de temps, plus de présence, plus de calme…
Je souhaite que les parents aient accès au suivi de leur choix pour la grossesse, l’accouchement et le suivi post-natal. Donc, naturellement, l’ouverture des Maisons de Naissance promise depuis 2008…

Je souhaite que le passage au devenir mère soit reconnu dans sa grande importance pour la construction de l’identité des femmes. ( Et oui, le passage à la paternité aussi !)

EN TANT QU’ACCOMPAGNANTE À LA NAISSANCE ;
Je reprends mon souhait précédent, mais j’ajoute le souhait d’une information juste sur les rôles de chaque professionnel pour que le choix d’un suivi se fasse de façon éclairée.

Je souhaite qu’au moment où des informations soient données, des angles et des suggestions variés soient proposés. De manière à respecter les valeurs des parents. En premier lieu.
Je souhaite que les différents intervenants redeviennent convaincus de la compétence des parents.

Je souhaite que les différents intervenants mettent tout en œuvre pour aider à bâtir la confiance des parents en leur instinct.

Je souhaite ( mais très très fort) qu’au jour de la naissance, toutes les horloges et les moniteurs du monde cessent de fonctionner. Ainsi peut-être serons-nous contraints de réapprendre à soutenir la mère avec notre présence et nos 6e, 7e et 8e sens…
Je souhaite que phase de transition de l’accouchement, celle où le col de l’utérus termine son ouverture et où le bébé termine sa descente avant de toucher le périnée de sa mère, soit considéré avec un grand respect. Avec du silence, de la patience et de la bienveillance.
Je souhaite que les mères puissent pousser leur bébé quand elles en sentent le besoin, libres dans leur corps, leur rythme et leur souffle.
Je souhaite que les bébés puissent atterrir sur le ventre de leur mère doucement.

PLUS DE CONFIANCE, DE PATIENCE, DE SILENCE.
MOINS DE PEUR, DE CHIFFRES, DE GRAPHIQUES.
PLUS D’INSTINCT.

L’ACCUEIL D’UN NOUVEAU-NÉ DANS LA FRATRIE; MERCREDI DE PLEINE LUNE

Je vous invite à vous joindre à nous lors du mercredi de Pleine Lune du 18 septembre prochain.
J’y animerai une rencontre autour de l’accueil d’un nouveau bébé dans la fratrie.

 

 

Nous aurons l’occasion de partager sur le vécu des enfants lorsqu’arrive un petit frère ou une petite soeur. Ce sera l’occasion de partager vos envies et appréhensions face à l’adaptation familiale qui se prépare.
J’aurai aussi pour vous une belle liste de trucs, à traîner dans vos poches et à afficher bien en vue !
Merci d’ailleurs aux parents d’expérience qui m’ont fait part de ce qui a facilité l’adaptation de leurs enfants lorsqu’est arrivé le ou la mini.

( Bon, je l’avoue, j’ai aussi puisé dans les quelques souvenirs qui me restent de ces périodes intenses pendant lesquelles je jonglais avec ma nouvelle réalité de « femme-qui-vient-d’accoucher-qui-veut-offrir-le-meilleur-à-tous-ses-enfants-et-qui-essaie-de-décoder-ces-comportements-bizarres »)

À vous parents, grand-parents, amis et voisins de bonne volonté, je vous y attends !

Le 18 septembre 2013
De 10h à 12h
Coût: 5$ par personne.

Au Resto Boutique Manger Santé,

Salle de conférence à l’étage
411, rue Principale, St-Sauveur

POURQUOI RÉDIGER UN PLAN DE NAISSANCE ?

 imagesCAMCEG93Ça pourrait aussi s’intituler:

« accouchement idéal », ou « désirs et priorités », ou

« ce que nous aimerions qui arrive », ou « si tout va bien, voici ce qui nous ferait plaisir »

…et au sein de ce plan de naissance, on voit aussi :

« Concernant le peau-à-peau / le cordon/ l’allaitement/ le bain…. » et

«  en cas de césarienne, nous aimerions… »

Il doit être concis, simple et court.

Voilà, on y voit plus clair, maintenant, non ?

 

Puis, qu’est-ce que j’entends ?

« L ’important, c’est que le bébé soit en santé et que la mère se porte bien. »

Ah ça, on est d’accord ! Bien sûr. Personne n’a envie d’écrire : «  Cher membre de l’équipe hospitalière ; devant l’observation d’un danger pour notre bébé ou pour la mère, nous vous prions de ne pas intervenir ». Selon l’OMS[1],  80% des grossesses-acouchements sont considérées « à faible risque » et pourraient se dérouler, avec une surveillance appropriée, sans intervention. Les parents pourraient donc écrire : « en cas de complications, on sera bien heureux de profiter de votre savoir et vous serons éternellement reconnaissants ».

Oui, l’important c’est que tout le monde se porte bien.

Et entre nous…

L’important c’est aussi que les parents soient satisfaits de leur expérience, se sentent compétents et reviennent plus forts à la maison. Des parents trop ébranlés et qui se sentent dépossédés de leur expérience, même avec un bébé en santé, il y en a trop. Des preuves juste ici.

 

«  De toute façon, ça ne se passe jamais comme on l’avait prévu »

Bien sur, la naissance reste un événement imprévisible. Il nous demande une énorme capacité d’adaptation, un esprit ouvert…ne croyez-vous pas que c’est cette imprévisibilité qui est difficile à gérer pendant la grossesse ? On ne peut pas dire que nous soyons, dans notre société, des artistes de l’imprévisible. C’est elle aussi, peut-être, qui peut nous rendre anxieux(ses), craintif(ve)s, nerveux(ses) pendant l’accouchement… et bon, qu’on se le dise, le stress pendant un accouchement, ce n’est pas notre meilleur ami. Il empêche les hormones appropriées de se mettre en place. Il peut arrêter le travail, espacer les contractions, en diminuer l’efficacité, élever la tension artérielle de la mère… aussi bien ne pas l’inviter, ou l’inviter « moins ». Aussi bien savoir ce qui peut nous être proposé, et y avoir réfléchi à l’avance, non ? Et dans les vrais cas urgents, prendre contact avec son bébé, le prendre en peau-à-peau, savoir quels soins lui sont prodigués, pouvoir débuter l’allaitement, être entourés des gens choisis pour notre accouchement, ça peut adoucir la blessure… il me semble. Tout ça, ça se prépare et ça se discute.

 

Mais…rédiger un plan de naissance, ça suppose bien des choses ;

 

 

Avoir reçu les informations sur les choix qui pourront être à faire…

Savoir quelles sont les indications/contre-indications aux différentes interventions, connaître leurs avantages et leurs risques…

Avoir pris le temps de bien considérer toutes les options qui peuvent se présenter…

Avoir établi ses désirs et ses priorités…

 Avoir dialogué ouvertement ; entre conjoints, mais aussi avec le/la médecin…

 

Présenter son plan de naissance, c’est se responsabiliser comme parents. C’est le début d’un grand rôle ! C’est aussi s’approprier cette journée pour la vivre au plus près possible de nos désirs. Augmenter notre chance de se sentir respectés, compris, soutenus, et d’en sortir sans amertume. En profiter pour grandir, grandir, grandir !

 

Rédiger son plan de naissance, c’est aussi donner un outil précieux à son accompagnante ; c’est avec celui-ci qu’elle travaillera conjointement avec l’équipe hospitalière…ce n’est pas rien !

 

Pour aller plus loin : http://projetdenaissance.com

 


[1] Les soins liés à un accouchement normal, Guide pratique ( 1997)

HOMMAGE À QUELQUES FEMMES DE MA VIE

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Fête des Femmes, Massougou, Mali, 8 mars 2001

En cette journée de la femme, je pense à toutes ces femmes qui se sont battues pour que nous puissons avoir le droit de choisir nos vies. Quelle chance j’ai, moi, de bénéficier de leur héritage !  À toutes celles aussi, ici et ailleurs, qui vivent encore sous l’emprise de standards sociaux et de limitations imposées… vivement un monde basé sur le respect, la saine communication et l’abondance !

Si aujourd’hui je me sens si proche de la force intime des femmes, si j’ai envie de travailler en proximité avec elles, si la maternité représente pour moi une chance de connaître le meilleur en chacune, c’est grâce à quelques femmes de ma vie….

D’abord, bien sûr, ma maman à moi ! Elle qui toujours m’a assuré sécurité, soutien et tendresse. Elle qui m’a invitée à la naissance de ma petite soeur alors que je n’avais que 7 ans. Emportée dans une grande vague d’émotion, toute petite j’ai compris ce que la naissance a d’immense et de précieux.

Ma grand-maman aussi, un exemple de droiture et de don. À ses côtés j’ai appris une foule de petits gestes qui font aujourd’hui encore partie de mon quotidien ; pétrir le pain, recoudre un bouton, couper des petits ongles !

Puis, à une communauté de belles femmes ébène, établie bien loin d’ici… les femmes de Massougou, Mali. C’est là, à l’aube de la vingtaine, que j’ai vu la valeur de la coopération, la richesse du coeur. C’est là que j’ai senti ce que l’existence a parfois de dur, d’incontrôlable. Et pour ma première Journée des Femmes, j’étais sous le soleil africain, à observer les hommes et les enfants de ce village rendre hommage à leurs mères, grand-mères, soeurs, voisines, tantes, cousines…. Pour la première fois.

Beaucoup de femmes continuent aujourd’hui à militer pour l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les femmes et entre les peuples, grand merci ! Pour ma part, je suis bien sûr transportée par la volonté de permettre aux femmes de retrouver confiance en leur capacité d’accoucher.

Je souhaite à chaque mère de sentir la compétence millénaire de son corps. Je souhaite à chaque mère de s’ouvrir , de laisser passer, de lâcher prise, de se permettre de dire ce qui se joue en elle. Je souhaite à chaque mère de chanter, de rugir, de souffler son accouchement. Je souhaite à chaque mère de gagner une tonne de confiance en elle par le passage de son bébé.

 

Bonne Journée de la Femme !

DEVENIR MÈRE; COMPRENDRE LE PASSAGE PSYCHIQUE POUR MIEUX L’ACCOMPAGNER

imagesCARDNPSBDans le cadre de ma formation d’accompagnante à la naissance au Centre Pleine Lune ( 2012), j’ai exploré le monde fascinant de la psychée des femmes enceintes.   J’avais ( et j’ai toujours)  le sentiment que ce qui se joue physiquement pendant la grossesse et l’accouchement  est intimement lié à ce qui s’active psychologiquement, ou psychiquement. La conviction aussi que le vécu des femmes lors de ces expériences intenses peut constituer une forte assise pour leur évolution subséquente.

Il me semble donc que c’est aussi ça, mon métier; accompagner la grande transformation qui s’opère au cours de ces quelques mois … La grossesse comme un grand ménage, l’accouchement comme un coup de vent frais , et au final, une évolution, une guérison ou une meilleure conaissance de soi…

Je vous invite à lire ce travail de recherche ; l’évolution psychique des femmes qui deviennent mères, l’empreinte de cette évolution sur l’accouchement,  et bien sûr, quelques pistes pour nous, DOULAS !

RECHERCHE PASSAGE PSYCHIQUE- AMÉLIE BLANCHETTE, JUIN 2012

HORS DU TEMPS

 

COMMENT IMAGINEZ-VOUS LES FORTES CONTRACTIONS QUI PRÉCÈDENT L’ENVIE DE POUSSER BÉBÉ ? SUR FOND DE CRIS, DE PLEURS, DE JURONS, DE SAUVETAGE ET DE FAIBLESSE ?

Et si ça pouvait être différent ? Si on répondait aux besoins des mères, si on avait confiance en leurs capacités ?

ALLONS-Y, POUR VOIR….   CHAMBRE DE NAISSANCE, 3H47 am.

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Il y a le moment où, enfin, elle se laisse partir. Où elle glisse hors du monde, hors de la vie normale. Entre chaque contraction, elle s’apaise, ralentit sa respiration, puis… tout doux… elle dort. Dur à croire dans notre culture de l’accouchement-état-d’urgence. Mais oui, elle s’endort. Profondément. Elle recharge son corps, son esprit, son bébé. Alors là, je sais que ça va. Je vois son corps qui lui envoie, en pulsation me semble-t-il, de belles décharges d’hormones de bien-être. Puis, peu à peu, le souffle qui prend du pesant. Et les bras qui se tendent. Et nous, les «  entourants », prêts, au poste. Une qui tire, l’autre qui pousse, une aux glaçons, et on reprend. Courage, ma belle. Elle est longue et grande, cette vague… nos visages s’éclairent. Le bébé s’en vient. Ouf… elle est longue. C’est pour bientôt. Voilà… doucement tout s’atténue, diminue… se dépose, comme le corps de cette femme, magnifique femme, qui déjà offre à son bébé tout l’amour du monde.

 

Et nous aussi, « les entourants », on se dépose. Il est le milieu de la nuit.

 

Nous sommes dans une bulle fermée à toute autre chose. Un bébé va naître. On se dépose, les yeux fermés, entre le lit et le meuble. Le papa, un peu fébrile, tendre, assis sur le sol, la tête sur le lit. Mais toujours la main qui soutient le bas du dos de son amoureuse. Fidèle gardien. Qui parfois attrape nos yeux qui lui disent que tout va bien. Une autre, assise attentive auprès de cette femme qui déjà s’est rendormie, la tête contre ses bras. Silence. Le temps (quel temps ?) passe. Parfois quelqu’un respire fort avec cette beauté de femme, repos …nul besoin de plus de mots. On recharge. On est bien. Il fait chaud, noir, une naissance se passe. Silence.

 

Et la danse continue. On oscille, entre la tornade et le plus profond des repos. Tous, nous obéissons au rythme constant de cette naissance. Ensemble, on se lève, on soutient, on y croit. Ensemble, on se pose, on se calme, on s’endort.

 

Il est le milieu de la nuit. Il fait noir, il fait chaud. Une naissance se passe…tout va bien.