LA RICHESSE SECRÈTE DES TENTES ROUGES

Tente RougeParmi les multiples activités proposées par le Centre Pleine Lune, les Tentes Rouges sont une belle occasion de renouer avec la transmission, le partage et l’écoute autour de la maternité. Mais comment ça se passe, au juste, une Tente Rouge ?

Ouvrons le rideau, un instant :

Une dizaine de femmes, pour un temps, s’arrête. Renouant avec les traditions millénaires de femmes de partout dans le monde (amérindiennes, mexicaines, femmes du Maghreb…), elles se retrouvent dans un espace chaleureux, intime, rouge comme la matrice…où elles se sentent enveloppées et protégées.

Raconter :
« Ouf, je ne pensais pas que c’était encore si sensible…ça ira, je plonge. »

Chacune a son espace, son temps. Son rythme, qui est loin de celui du quotidien. Le temps doucement s’égraine et c’est cachées des exigences du monde que les femmes se racontent. Prenant l’espace qu’il leur faut pour regarder en elles-mêmes, laisser les émotions reprendre leurs droits, les nommer simplement. Replonger dans leur maternité, leur sexualité, leurs accouchements, leur naissance, leur maturité. Raconter leurs passages. Les femmes de tous les âges en sortent plus libres. Comme la peau nue au premier jour du printemps.

Écouter :
« Je comprends… je t’accueille. »

Voilà donc le joyau de ces Tentes Rouges. L’écoute. Celle qui manque si souvent dans les vies que nous menons. C’en est même surprenant au départ, car dans la Tente Rouge les dialogues ne trouvent pas de place. Le silence accueille mieux que tous les conseils, les questionnements et tout ce qui est du domaine du raisonnable. Écouter le récit, puis le silence, permet de sentir et de nourrir la bienveillance qui remplit la bulle rouge. Cette qualité d’écoute permet à celle qui raconte de se poser… de préciser, de s’ouvrir, de se pardonner. De s’aimer. Écouter, c’est aussi apprendre et recevoir l’expérience qui nous est transmise.

Créer :
« Je me souviens de ce que tu m’as raconté. Tu sais qui je suis. Nous sommes plus riches encore »

C’est un héritage qui est légué à chaque témoignage. Depuis toujours, les anciennes ont partagé et leurs vécus et célébré les passages des autres. Par ces groupes de paroles, nous pourrons retisser une culture de la maternité et de l’accouchement plus proche des besoins des femmes. Ne laissons plus les futures mères s’avancer dans leur aventure sans repères et la peur au coeur. Reconnaissons la maternité dans toute son importance.

Une fois la Tente Rouge terminée, une nouvelle petite communauté s’est formée. Les femmes sont maintenant liées par la richesse d’avoir vibré ensemble. Si les propos tenus aux creux du petit nid rouge restent secrets, le lien entre les femmes ne doit pas le rester !

POCHAINES TENTES ROUGES AU PROGRAMME: 

MATERNITÉ: 9 novembre 2018, 18h chez Espace Maternité-Famille, St-Jérôme.

INTERVENANT.ES EN PÉRINATALITÉ: 25 janvier 2019, 18h chez Espace Maternité-Famille, St-Jérôme

Places limitées à 10, inscriptions obligatoires au ameliedoula@gmail.com ou 819-325-0447

D’UNE (AUTRE) POLITESSE ENVERS LES FEMMES ENCEINTES

imagesCA0YFOY9Cher tout –le-monde qui entoure une femme qui se prépare à accoucher ;

Je t’écris aujourd’hui en chuchotant.
Je voulais te demander ; la prochaine fois où tu rencontreras une femme qui se prépare à avoir un bébé, de rester poli.

 

Sois poli, abstiens-toi de raconter l’histoire de la voisine du cousin qui a été complètement traumatisée par son accouchement.

Sois poli, surtout affirme ta confiance en cette femme qui visualise son accouchement comme un événement « bâtissant », « renforçant ».

 

Je t’écris aujourd’hui pour te confirmer ta grande importance dans le vécu de cette naissance qui s’en vient. Ce que tu dis, ce que tu penses pourrait influencer la naissance de ce bébé. Et oui.

 

Rappelle-toi..disons… ou une performance sportive, ou le spectacle de théâtre de fin d’année … et bien imagine qu’à ce moment, tout-le-monde qui t’entourait t’aie dit :
« Oui, ben l’autre jour, Gaston, il n’a pas pu dire un mot pendant la représentation, il a été trop stressé et tout-le-monde l’a sorti de scène sur une civière, il était en état de choc…mais c’est bon, essaie si tu veux… »
Ou encore :
« En courant, Hector il s’est déchiré un tendon. Il n’aurait jamais du la faire, cette course, ç’aurait été plus prudent ».

Comment aurais-tu abordé ton expérience, ensuite ? Probablement un peu ébranlé, moins confiant… et de toute façon, qui oserait encore affirmer que l’état d’esprit ne change rien à la façon dont on s’embarque dans un nouveau défi ?

 

 

Ton importance, tout-le-monde, elle est vraiment plus grande que tu ne le penses. Si la mère arrive au jour de son accouchement la tête (déjà, il serait mieux qu’elle en sorte, de sa tête, pour accoucher…) pleine de peurs, son corps secrétera des hormones de stress qui empêcheront celles qui la feraient accoucher de se mettre en place.

 

« Les hormones dépendent de l’état émotif de la mère » – Ina May Gaskin*

 

Peur=stress=arrêt des contractions.
Peur=tension=douleur.
Infiniment fragile.

 

 

Imagine à l’inverse ;
Une femme s’avance, le ventre et les seins ronds comme de beaux fruits murs…et avec toi, elle ose parler de ce qui, sans doute, occupe ses pensées la nuit comme le jour ; son accouchement qui est pour bientôt. Elle s’ouvre.
Si, avec bienveillance, toi tout-le-monde tu accueillais ses pensées.
Si tu lui disais que son corps est parfait. Parfait dans ce qu’il est et dans ce qu’il fait. C’est extraordinaire, la fabrication d’un bébé, et sa naissance l’est autant !
Si, avec douceur, tu lui disais qu’elle a le droit de se sentir en sécurité pour accoucher… Qu’elle a le droit de s’entourer des personnes qui la font se sentir capable…
Qu’elle fait bien de s’informer pour reconnaître la normalité pendant son accouchement…
Alors, elle repartirait avec son bedon, calme et confiante.

Si tu pouvais, aussi, entendre un récit d’accouchement d’une femme qui en est sortie plus forte, plus grande. Cherche un peu, tu verras il est juste à côté, ce récit. Et bien celui-là, sois poli et partage-le.

 

Si, par bonheur, tu as l’honneur d’être à côté de cette mère pendant la naissance de son enfant ;
Regarde-là, écoute-là, suis-là. N’aie pas peur.
Oh, cette intensité.
Cette animalité. Regarde-là. Elle est là et cette mère a besoin d’être accueillie dans cet état.
Chaleur. Confiance. Pénombre. Confiance. Silence. Confiance. Confiance.

 

 

Une dernière petite chose, cher tout-le-monde :
Entre nous, sois poli ; choisis bien ces images que tu mets dans la télé des femmes enceintes…

N’OUBLIE PAS :  » FAIRE PEUR À UNE FEMME, C’EST FACILE » – Ina May Gaskin*

 

« NOUS AVONS UNE RESPONSABILITÉ SOCIALE DE SOUTIEN ENVERS TOUTES LES FEMMES »  – Isabelle Brabant, Une naissance heureuse, p.43

*Conférence TEDx Ina May Gaskin: «  Reducing fear or birth in U.S culture” :  

ÊTRE DE GARDE, C’EST PLEIN D’AMOUR

bsoft-team.com ROCHE COEUREn expliquant mon métier aux gens qui sont curieux de le connaître, il vient toujours le moment où j’aborde la période de garde.
Alors, l’attention se dissipe un peu ; ce qui interesse en général, c’est les cours prénataux ou les techniques que je peux utiliser pour aider la mère à traverser ses contractions. Ce que je fais. Moi aussi, ça m’intéresse…mais attendez, la garde, ce n’est pas rien.

C’EST REMPLI D’AMOUR, UNE GARDE.

Il y a ce qui se dit bien dans un salon :

– Je suis de garde jusqu’à 5 semaines pour un accouchement.
– Tout au long de cette garde, je fais le plein :

˚D’essence
˚Dans mon cellulaire
˚De bouffe au congélo, pour les repas de mes enfants servis par des gentils pendant mon absence.
˚Dans mon sac de doula ( des millions de trésors !)
˚De couvertures et d’oreillers dans mon auto pour les retours d’accouchement loin de chez moi, quand le manque de sommeil l’emporte…
˚De sommeil, justement. Pas de chance à prendre. Mon métier, c’est offrir mon support physique, émotif et psychologique à la mère pendant 30 heures, s’il le faut.

Puis, ce qui se dit moins souvent :

– Pendant que je fais le plein….
Je me sens remplie d’amour : de calme, de confiance. De présence. C’est en faisant mes préparatifs que je commence à plonger dans l’énergie de la naissance. Que je flirte avec les états d’accueil, de vigilance, de respect, de patience qui seront les miens pendant cet accouchement à venir.

– Pendant que je fais le plein…
Je me branche avec ce que je connais de ce couple, de cette femme. Ceux qui m’ont invitée à la naissance de leur bébé. Me reviennent alors cette conviction que j’ai entendue, cette volonté, cette curiosité, cette ambivalence aussi, cette vulnérabilité entrevue une ou deux fois…et parfois j’ai une image de ce que pourrait être leur histoire d’accouchement. Mais, ne vous méprenez pas ; s’il existe un moment impossible à prévoir, c’est bien celui-là. Alors, quand mon mental commence à projeter ou analyser, je lui fais un petit sourire en coin et lui dis de s’occuper plutôt du budget.
C’est à mon instinct et mon intuition que revient le rôle de support principal.

C’EST REMPLI D’AMOUR, UNE GARDE.

Parce que j’ai trois belles filles, tout un village attend la naissance de ce bébé qui se prépare. Des volontaires pour le retour de la garderie, d’autres pour la nuit parfois, d’autres pour le retour de l’école… j’ai moi aussi besoin de support pour offrir le mien. Et ça, ce n’est pas rien.

C’EST REMPLI D’AMOUR, UNE GARDE.

Parce que je suis convaincue de l’importance de répondre aux besoins de sécurité et d’intimité de la femme qui va accoucher, je tente de garantir ma présence. Bien entendu, dites-vous. Attendez, ce n’est pas rien :
Je reste dans le coin pour toute la période de garde ( heureusement, j’adore mon coin !)
Je distancie les accouchements raisonnablement. Trois accouchements prévus la même semaine, pas pour moi. (Ce qui a une incidence financière, mes amis). Je tiens à être présente de corps et d’esprit.
Je prends soin de moi. Ça, c’est une chance. Mon métier m’impose un mode de vie sain, un ralentissement global…belle chance, oui.
J’accepte de vivre avec l’imprévu. J’accepte d’accompagner mes enfants dans leur vécu de cet imprévu.

C’EST QUOI, SI CE N’EST PAS DE L’AMOUR ?

FAVORISER LA NAISSANCE PHYSIOLOGIQUE = RECONNAÎTRE LES BESOINS DES FEMMES QUI ACCOUCHENT ET Y RÉPONDRE.

doulaUne relation sexuelle, une grossesse, une naissance, l’allaitement. Voilà comment nous, mammifères, nous reproduisons. Le CONTEXTE propice au bon déroulement de ces processus normaux chez la femme est, à peu de choses près, le même à chaque étape.

LA CORPS DE LA FEMME QUI ACCOUCHE….Met en place une dynamique hormonale parfaitement adaptée à ce qui se passe en lui. Il sait que le bébé est prêt à venir au monde ; il sait comment contracter efficacement ; il sait qu’il doit laisser passer son bébé ; il sait le pousser dans le monde ; il sait le nourrir ; et il sait que le placenta doit être évacué une fois son travail accompli.
Mais il a ses conditions ! Sont absolument essentielles :

Son INTIMITÉ :
Être avec les personnes choisies, entouré d’une équipe restreinte que la femme connaît déjà.
Limiter les allées et venues, et les conversations
Pouvoir choisir le nombre et le moment des examens vaginaux
Se couvrir, s’habiller ou se déshabiller comme on le veut
Choisir des positions « intimes » ; le front posé, les yeux fermés…
Assurer une pénombre maximale dans la pièce
Ne pas sentir observée
Se sentir libre de se comporter comme on le veut

Sa SÉCURITÉ :
Être entouré de personnes calmes, chaleureuses et qui n’ont aucun doute sur sa capacité de donner la vie.
Le stress est communicatif…
Se sentir aimée, comprise, réconfortée, rassurée
Pour certaines, le contact physique est très rassurant, pour d’autres il est envahissant…
Être bien informée avant le jour de l’accouchement, et avoir avec elle les personnes pouvant simplement clarifier le contexte si des décisions doivent être prises. Ceci évite bien des angoisses…

Sa LIBERTÉ :
Bouger
Boire/manger ou pas
Choisir ses positions
Prendre un bain, avoir un contact avec l’eau chaude … ou froide !
Bouger sur un ballon
Être touchée, câlinée… ou pas !
Faire des sons, respirer à son rythme
Dire ce qui nous préoccupe, nous libérer de nos peurs

En plus…chaleur…silence…TEMPS…

ET C’EST AINSI QUE LE « VIEUX » CERVEAU DE LA FEMME, CELUI QUE NOUS PARTAGEONS AVEC LES ANIMAUX, POURRA ORCHESTRER CETTE NAISSANCE.

CHAQUE PEUR, CHAQUE INSTRUSION ÉLÈVERA LE STRESS, QUI STIMULERA LE NÉO-CORTEX (cette partie du cerveau qui analyse, réfléchit, pense…) À SÉCRÉTER DES HORMONES DE STRESS. EMPÊCHANT AINSI LE CERVEAU ARCHAÎQUE DE LIBÉRER LES HORMONES DE L’ACCOUCHEMENT…

ET, À QUOI PEUT RESSEMBLER UN ACCOUCHEMENT QUAND LA MÈRE BAIGNE DANS SES HORMONES ? VOYEZ ICI…

 

MES DÉSIRS EN CETTE SEMAINE MONDIALE DE L’ACCOUCHEMENT RESPECTÉ

doulaJe vous avais promis un billet rempli de mes souhaits en cette Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté …. Et voilà. Pouf ! C’est vendredi, déjà… qu’à cela ne tienne, pour ma part c’est toujours le Jour de l’Accouchement Respecté ! Alors je vous les envoie , mes souhaits….

EN TANT QUE FEMME ET MAMAN ;
Je souhaite de tout mon cœur que la transmission des expériences d’accouchement et d’allaitement reprenne une place privilégiée dans nos conversations ( et nos Tentes Rouges…), pour permettre aux mères de décharger et aux enfants de grandir en contact avec ces processus normaux. Peut-être, ainsi, les générations futures aborderont leur propre parentalité avec plus d’assurance et de simplicité.

Je souhaite que l’éducation sexuelle soit remise au programme scolaire. Pour que tous les enfants, de tous les milieux, aient accès à une information simple, juste et honnête et se forgent une sexualité saine et respectueuse.
Je souhaite que ceux qui le souhaitent soient en mesure de simplifier leur vie, de dégager du temps et de l’espace pour que les femmes reprennent un rythme qui leur ressemble. Plus de temps, plus de présence, plus de calme…
Je souhaite que les parents aient accès au suivi de leur choix pour la grossesse, l’accouchement et le suivi post-natal. Donc, naturellement, l’ouverture des Maisons de Naissance promise depuis 2008…

Je souhaite que le passage au devenir mère soit reconnu dans sa grande importance pour la construction de l’identité des femmes. ( Et oui, le passage à la paternité aussi !)

EN TANT QU’ACCOMPAGNANTE À LA NAISSANCE ;
Je reprends mon souhait précédent, mais j’ajoute le souhait d’une information juste sur les rôles de chaque professionnel pour que le choix d’un suivi se fasse de façon éclairée.

Je souhaite qu’au moment où des informations soient données, des angles et des suggestions variés soient proposés. De manière à respecter les valeurs des parents. En premier lieu.
Je souhaite que les différents intervenants redeviennent convaincus de la compétence des parents.

Je souhaite que les différents intervenants mettent tout en œuvre pour aider à bâtir la confiance des parents en leur instinct.

Je souhaite ( mais très très fort) qu’au jour de la naissance, toutes les horloges et les moniteurs du monde cessent de fonctionner. Ainsi peut-être serons-nous contraints de réapprendre à soutenir la mère avec notre présence et nos 6e, 7e et 8e sens…
Je souhaite que phase de transition de l’accouchement, celle où le col de l’utérus termine son ouverture et où le bébé termine sa descente avant de toucher le périnée de sa mère, soit considéré avec un grand respect. Avec du silence, de la patience et de la bienveillance.
Je souhaite que les mères puissent pousser leur bébé quand elles en sentent le besoin, libres dans leur corps, leur rythme et leur souffle.
Je souhaite que les bébés puissent atterrir sur le ventre de leur mère doucement.

PLUS DE CONFIANCE, DE PATIENCE, DE SILENCE.
MOINS DE PEUR, DE CHIFFRES, DE GRAPHIQUES.
PLUS D’INSTINCT.

L’ACCUEIL D’UN NOUVEAU-NÉ DANS LA FRATRIE; MERCREDI DE PLEINE LUNE

Je vous invite à vous joindre à nous lors du mercredi de Pleine Lune du 18 septembre prochain.
J’y animerai une rencontre autour de l’accueil d’un nouveau bébé dans la fratrie.

 

 

Nous aurons l’occasion de partager sur le vécu des enfants lorsqu’arrive un petit frère ou une petite soeur. Ce sera l’occasion de partager vos envies et appréhensions face à l’adaptation familiale qui se prépare.
J’aurai aussi pour vous une belle liste de trucs, à traîner dans vos poches et à afficher bien en vue !
Merci d’ailleurs aux parents d’expérience qui m’ont fait part de ce qui a facilité l’adaptation de leurs enfants lorsqu’est arrivé le ou la mini.

( Bon, je l’avoue, j’ai aussi puisé dans les quelques souvenirs qui me restent de ces périodes intenses pendant lesquelles je jonglais avec ma nouvelle réalité de « femme-qui-vient-d’accoucher-qui-veut-offrir-le-meilleur-à-tous-ses-enfants-et-qui-essaie-de-décoder-ces-comportements-bizarres »)

À vous parents, grand-parents, amis et voisins de bonne volonté, je vous y attends !

Le 18 septembre 2013
De 10h à 12h
Coût: 5$ par personne.

Au Resto Boutique Manger Santé,

Salle de conférence à l’étage
411, rue Principale, St-Sauveur

POURQUOI RÉDIGER UN PLAN DE NAISSANCE ?

 imagesCAMCEG93Ça pourrait aussi s’intituler:

« accouchement idéal », ou « désirs et priorités », ou

« ce que nous aimerions qui arrive », ou « si tout va bien, voici ce qui nous ferait plaisir »

…et au sein de ce plan de naissance, on voit aussi :

« Concernant le peau-à-peau / le cordon/ l’allaitement/ le bain…. » et

«  en cas de césarienne, nous aimerions… »

Il doit être concis, simple et court.

Voilà, on y voit plus clair, maintenant, non ?

 

Puis, qu’est-ce que j’entends ?

« L ’important, c’est que le bébé soit en santé et que la mère se porte bien. »

Ah ça, on est d’accord ! Bien sûr. Personne n’a envie d’écrire : «  Cher membre de l’équipe hospitalière ; devant l’observation d’un danger pour notre bébé ou pour la mère, nous vous prions de ne pas intervenir ». Selon l’OMS[1],  80% des grossesses-acouchements sont considérées « à faible risque » et pourraient se dérouler, avec une surveillance appropriée, sans intervention. Les parents pourraient donc écrire : « en cas de complications, on sera bien heureux de profiter de votre savoir et vous serons éternellement reconnaissants ».

Oui, l’important c’est que tout le monde se porte bien.

Et entre nous…

L’important c’est aussi que les parents soient satisfaits de leur expérience, se sentent compétents et reviennent plus forts à la maison. Des parents trop ébranlés et qui se sentent dépossédés de leur expérience, même avec un bébé en santé, il y en a trop. Des preuves juste ici.

 

«  De toute façon, ça ne se passe jamais comme on l’avait prévu »

Bien sur, la naissance reste un événement imprévisible. Il nous demande une énorme capacité d’adaptation, un esprit ouvert…ne croyez-vous pas que c’est cette imprévisibilité qui est difficile à gérer pendant la grossesse ? On ne peut pas dire que nous soyons, dans notre société, des artistes de l’imprévisible. C’est elle aussi, peut-être, qui peut nous rendre anxieux(ses), craintif(ve)s, nerveux(ses) pendant l’accouchement… et bon, qu’on se le dise, le stress pendant un accouchement, ce n’est pas notre meilleur ami. Il empêche les hormones appropriées de se mettre en place. Il peut arrêter le travail, espacer les contractions, en diminuer l’efficacité, élever la tension artérielle de la mère… aussi bien ne pas l’inviter, ou l’inviter « moins ». Aussi bien savoir ce qui peut nous être proposé, et y avoir réfléchi à l’avance, non ? Et dans les vrais cas urgents, prendre contact avec son bébé, le prendre en peau-à-peau, savoir quels soins lui sont prodigués, pouvoir débuter l’allaitement, être entourés des gens choisis pour notre accouchement, ça peut adoucir la blessure… il me semble. Tout ça, ça se prépare et ça se discute.

 

Mais…rédiger un plan de naissance, ça suppose bien des choses ;

 

 

Avoir reçu les informations sur les choix qui pourront être à faire…

Savoir quelles sont les indications/contre-indications aux différentes interventions, connaître leurs avantages et leurs risques…

Avoir pris le temps de bien considérer toutes les options qui peuvent se présenter…

Avoir établi ses désirs et ses priorités…

 Avoir dialogué ouvertement ; entre conjoints, mais aussi avec le/la médecin…

 

Présenter son plan de naissance, c’est se responsabiliser comme parents. C’est le début d’un grand rôle ! C’est aussi s’approprier cette journée pour la vivre au plus près possible de nos désirs. Augmenter notre chance de se sentir respectés, compris, soutenus, et d’en sortir sans amertume. En profiter pour grandir, grandir, grandir !

 

Rédiger son plan de naissance, c’est aussi donner un outil précieux à son accompagnante ; c’est avec celui-ci qu’elle travaillera conjointement avec l’équipe hospitalière…ce n’est pas rien !

 

Pour aller plus loin : http://projetdenaissance.com

 


[1] Les soins liés à un accouchement normal, Guide pratique ( 1997)

HOMMAGE À QUELQUES FEMMES DE MA VIE

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Fête des Femmes, Massougou, Mali, 8 mars 2001

En cette journée de la femme, je pense à toutes ces femmes qui se sont battues pour que nous puissons avoir le droit de choisir nos vies. Quelle chance j’ai, moi, de bénéficier de leur héritage !  À toutes celles aussi, ici et ailleurs, qui vivent encore sous l’emprise de standards sociaux et de limitations imposées… vivement un monde basé sur le respect, la saine communication et l’abondance !

Si aujourd’hui je me sens si proche de la force intime des femmes, si j’ai envie de travailler en proximité avec elles, si la maternité représente pour moi une chance de connaître le meilleur en chacune, c’est grâce à quelques femmes de ma vie….

D’abord, bien sûr, ma maman à moi ! Elle qui toujours m’a assuré sécurité, soutien et tendresse. Elle qui m’a invitée à la naissance de ma petite soeur alors que je n’avais que 7 ans. Emportée dans une grande vague d’émotion, toute petite j’ai compris ce que la naissance a d’immense et de précieux.

Ma grand-maman aussi, un exemple de droiture et de don. À ses côtés j’ai appris une foule de petits gestes qui font aujourd’hui encore partie de mon quotidien ; pétrir le pain, recoudre un bouton, couper des petits ongles !

Puis, à une communauté de belles femmes ébène, établie bien loin d’ici… les femmes de Massougou, Mali. C’est là, à l’aube de la vingtaine, que j’ai vu la valeur de la coopération, la richesse du coeur. C’est là que j’ai senti ce que l’existence a parfois de dur, d’incontrôlable. Et pour ma première Journée des Femmes, j’étais sous le soleil africain, à observer les hommes et les enfants de ce village rendre hommage à leurs mères, grand-mères, soeurs, voisines, tantes, cousines…. Pour la première fois.

Beaucoup de femmes continuent aujourd’hui à militer pour l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les femmes et entre les peuples, grand merci ! Pour ma part, je suis bien sûr transportée par la volonté de permettre aux femmes de retrouver confiance en leur capacité d’accoucher.

Je souhaite à chaque mère de sentir la compétence millénaire de son corps. Je souhaite à chaque mère de s’ouvrir , de laisser passer, de lâcher prise, de se permettre de dire ce qui se joue en elle. Je souhaite à chaque mère de chanter, de rugir, de souffler son accouchement. Je souhaite à chaque mère de gagner une tonne de confiance en elle par le passage de son bébé.

 

Bonne Journée de la Femme !

DEVENIR MÈRE; COMPRENDRE LE PASSAGE PSYCHIQUE POUR MIEUX L’ACCOMPAGNER

imagesCARDNPSBDans le cadre de ma formation d’accompagnante à la naissance au Centre Pleine Lune ( 2012), j’ai exploré le monde fascinant de la psychée des femmes enceintes.   J’avais ( et j’ai toujours)  le sentiment que ce qui se joue physiquement pendant la grossesse et l’accouchement  est intimement lié à ce qui s’active psychologiquement, ou psychiquement. La conviction aussi que le vécu des femmes lors de ces expériences intenses peut constituer une forte assise pour leur évolution subséquente.

Il me semble donc que c’est aussi ça, mon métier; accompagner la grande transformation qui s’opère au cours de ces quelques mois … La grossesse comme un grand ménage, l’accouchement comme un coup de vent frais , et au final, une évolution, une guérison ou une meilleure conaissance de soi…

Je vous invite à lire ce travail de recherche ; l’évolution psychique des femmes qui deviennent mères, l’empreinte de cette évolution sur l’accouchement,  et bien sûr, quelques pistes pour nous, DOULAS !

RECHERCHE PASSAGE PSYCHIQUE- AMÉLIE BLANCHETTE, JUIN 2012

HORS DU TEMPS

 

COMMENT IMAGINEZ-VOUS LES FORTES CONTRACTIONS QUI PRÉCÈDENT L’ENVIE DE POUSSER BÉBÉ ? SUR FOND DE CRIS, DE PLEURS, DE JURONS, DE SAUVETAGE ET DE FAIBLESSE ?

Et si ça pouvait être différent ? Si on répondait aux besoins des mères, si on avait confiance en leurs capacités ?

ALLONS-Y, POUR VOIR….   CHAMBRE DE NAISSANCE, 3H47 am.

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Il y a le moment où, enfin, elle se laisse partir. Où elle glisse hors du monde, hors de la vie normale. Entre chaque contraction, elle s’apaise, ralentit sa respiration, puis… tout doux… elle dort. Dur à croire dans notre culture de l’accouchement-état-d’urgence. Mais oui, elle s’endort. Profondément. Elle recharge son corps, son esprit, son bébé. Alors là, je sais que ça va. Je vois son corps qui lui envoie, en pulsation me semble-t-il, de belles décharges d’hormones de bien-être. Puis, peu à peu, le souffle qui prend du pesant. Et les bras qui se tendent. Et nous, les «  entourants », prêts, au poste. Une qui tire, l’autre qui pousse, une aux glaçons, et on reprend. Courage, ma belle. Elle est longue et grande, cette vague… nos visages s’éclairent. Le bébé s’en vient. Ouf… elle est longue. C’est pour bientôt. Voilà… doucement tout s’atténue, diminue… se dépose, comme le corps de cette femme, magnifique femme, qui déjà offre à son bébé tout l’amour du monde.

 

Et nous aussi, « les entourants », on se dépose. Il est le milieu de la nuit.

 

Nous sommes dans une bulle fermée à toute autre chose. Un bébé va naître. On se dépose, les yeux fermés, entre le lit et le meuble. Le papa, un peu fébrile, tendre, assis sur le sol, la tête sur le lit. Mais toujours la main qui soutient le bas du dos de son amoureuse. Fidèle gardien. Qui parfois attrape nos yeux qui lui disent que tout va bien. Une autre, assise attentive auprès de cette femme qui déjà s’est rendormie, la tête contre ses bras. Silence. Le temps (quel temps ?) passe. Parfois quelqu’un respire fort avec cette beauté de femme, repos …nul besoin de plus de mots. On recharge. On est bien. Il fait chaud, noir, une naissance se passe. Silence.

 

Et la danse continue. On oscille, entre la tornade et le plus profond des repos. Tous, nous obéissons au rythme constant de cette naissance. Ensemble, on se lève, on soutient, on y croit. Ensemble, on se pose, on se calme, on s’endort.

 

Il est le milieu de la nuit. Il fait noir, il fait chaud. Une naissance se passe…tout va bien.