PLATE, INUTILE, LA PRÉPARATION À LA NAISSANCE ?

 » De toutes façon, j’ai tout lu. »

 »Ma belle-soeur m’a raconté son accouchement et ça ne s’est pas passé comme elle aurait voulu. »

Parce qu’on entend encore toutes sortes de mythes liés aux cours prénataux, je réponds ici avec toute ma conviction !

Si on était des animaux en liberté, je dirais oui, peut-être que ce n’est pas utile. Mais étant des humains au néo-cortex ultra-développé, vivant dans une époque qui a désappris ce qu’était les processus normaux de l’accouchement, des mois suivants et de l’allaitement, et baignant dans une culture qui longtemps a voulu occulter l’aspect sexuel et animal de la mise au monde:

J’affirme: Se préparer à la naissance de bébé c’est défaire des mythes, remettre en questions les anecdotes entendues, reprendre contact avec la réalité des fonctions maternelles, comprendre les besoins de celles qui accouchent. C’est pouvoir les soutenir adéquatement. Pouvoir faire des choix éclairés et vivre votre histoire d’arrivée de bébé dans le respect de vos valeurs. C’est favoriser l’harmonie et l’attachement dans la maison. C’est offrir une juste place aux conjoint.e.s et leur permettre de faire leur propre passage.

J’y crois. Tellement que j’ai trouvé toutes sortes de moyens pour offrir ces moments de préparation; en groupe à Laval, St-Jérôme, Ste-Adèle et Tremblant. En privé dans les maisons des futurs parents. Et même via Skype.

C’est juste plein d’amour.

À TOI QUI PRÉPARE UN AVAC

D’abord, tendresse. À toi qui a accueilli ton bébé précédent par césarienne et qui se prépare à accoucher vaginalement, j’aimerais te dire…. je t’aime et t’admire. Beaucoup. Et je t’honore. ligne

Désirer un accouchement vaginal après csarienne (AVAC), ça mérite beaucoup de tendresse et de présence. Ça demande beaucoup de courage . Pourquoi ?

1- Parce que l’autre fois d’avant, tu as vécu une césarienne. Ce vécu, il est important. Certaines femmes la vivent très sereinement, accueillant leur bébé dans la joie. Si cela est ton cas, j’en suis profondément réjouie. Oui, parce que ce qui me porte à être doula, c’est d’accompagner les femmes et leurs partenaires à vivre l’arrivée de leur bébé avec le plus de joie et de satisfaction possible. Mais sinon..

Ce n’était, fort probablement, pas ton plan A. Peut-être as-tu eu peur. Peut-être as-tu eu l’impression de t’être fait enlever ton bébé ? Peut-être aussi as-tu été d’abord soulagée; que ce soit fini, que ton bébé soit enfin né. Peut-être as-tu été déçue?  Peut-être as-tu l’impression de ne pas avoir pu tout faire, tout essayé avant de partir en chirurgie?

Dis-moi, as-tu trouvé une oreille capable d’entendre ton vécu ? Quelqu’un capable de t’honorer dans ce vécu ? Sans banaliser en te répondant que l’important c’est que ton bébé soit bien ? Entendons-nous… il est évident que la priorité doit être mise sur la santé de la mère et du bébé lors d’un accouchement. Mais l’ambivalence existe. On peut simultanément rationaliser le déroulement d’une césarienne (  »de toute façon il était trop gros » /  » si c’est ça que ça prenait » /  »Au moins j’ai mon bébé en santé ») et en être profondément triste. C’est possible. Et normal.

2- C’est normal, parce que nous les femmes, nous vivons un des plus importants passages de nos vies en accouchant. Cette expérience est véritablement fondatrice. Elle détermine un peu qui nous sommes ensuite. Elle nous transforme, nous valide dans notre compétence de femme. Et très loin dans les profondeurs de notre inconscient, on associe souvent notre capacité à être femme, être mère, avec notre capacité à accoucher. C’est de là qu’elle part, cette tristesse que tu sens peut-être quand tu penses à ta césarienne. Des profondeurs.

Et le danger, maintenant que tu envisages ton prochain accouchement, c’est que tu aies intégré le  »je ne suis pas capable d’accoucher ». Il faudra mettre un peu de présence dans tout ça, revisiter ton accouchement précédent et le comprendre un peu, pour ensuite tout mettre en place pour que ton corps, au prochain accouchement, puisse s’exprimer totalement dans sa magie de femme qui accouche. Et ça, c’est courageux.

PRÉPARER TON AVAC, C’EST… 

1- Comprendre ta césarienne;

As-tu bien compris ce qui s’est passé lors de ton accouchement précédent? Il t’est possible de demander une copie de ton dossier, pour recadrer dans ton intellect cette journée importante. Et donner un sens à ton vécu. Cela va t’aider à cibler tes besoins pour l’accouchement qui s’en vient.

2- Soigner et aimer ta cicatrice;

Ah oui. Si tu ne l’as pas encore beaucoup regardé, regarde-la. Masse-la. Va la faire traiter en ostéo pour en éliminer toutes les possibles adhérences. Ton coco qui est né par là, il est probablement bien intéressé à se faire raconter sa naissance. Raconte-la. Après tout, c’est par là que ce petit trésor est né, cette cicatrice mérite tous les hommages. À ton rythme …

3- Garder (reprendre) contact avec ton corps, à tous les jours.

Je sais, je sais, avec d’autres enfants il n’est pas toujours facile de se réserver du temps pour être seulement dans son corps. Mais il faut le faire. À tous les jours, 5 minutes de respirations profondes, dans un endroit qui te calme, ça fera déjà une énorme différence. S’il le faut, sors de chez toi 😉 Tu as envie de faire du yoga ? Vas-y, c’est un des plus beaux cadeaux que tu peux te faire.

4- Sentir et mettre en place ce qu’il te faudra pour te sentir en sécurité lors de ton accouchement.

Oui. C’est important pour toutes les femmes qui accouchent. Pour tous les animaux, en fait. On ne met pas nos petits au monde entourée de prédateurs.

Tu veux des idées ? Voilà:

  • Limiter les conversations ( si.len.ce.)
  • Éviter de te faire ré-expliquer les risques d’un AVAC pendant ton accouchement
  • Utiliser toutes les options de soulagement naturels; bouge ( !!!), roule sur le ballon, marche, profite de la chaleur dans ton dos, de tendres ou vigoureux massages, suspends-toi, prends un bain…
  • N’oublie pas de baver sur ton oreiller entre les contractions ( je veux dire de te détendre, évidemment. Mais j’aime bien cette image de bave. C’est assez clair 😉 )
  • Entoure-toi de ceux que tu aimes, qui ont confiance en toi et qui te calment. 

 

5- Garder CONFIANCE.

  • Confiance en tes possibilités d’accoucher vaginalement. Ce n’est pas toujours si simple. Une fois ta décision prise de préparer un AVAC ( décision qui devrait se faire en étant bien informée des avantages et risques d’une autre césarienne ET d’un AVAC), il n’est plus nécessaire de revenir là-dessus à chaque visite médicale. C’est qu’à chaque fois ta confiance pourrait en être ébranlée. Juste pour t’aider un peu… la SOGC* recommande  »l’essai de travail » pour les femmes ayant précédemment vécu une césarienne et en l’absence de contre-indications ( présentation de bébé trop risquée, insertion placentaire particulière, etc) et l’INSPQ ** estime de taux de succès à 75%. Tu sais ce que ça veut dire ? Qu’il n’y a pas plus de césariennes faites pour les femmes qui vivent un accouchement après une césarienne que pour toutes les autres. Hé.
  • Répète-toi, lors des moments de doutes, que cette histoire est une nouvelle histoire. C’est-une-nouvelle-histoire.
  • Confiance en le processus de l’accouchement. Si tu te sens en sécurité et que le contexte autour de toi te permet de partir complètement dans ta bulle avec ton bébé, ton corps fera son travail. Souvent, les femmes qui vivent un AVAC disent être restées incertaines de leurs capacités jusqu’à ce qu’elles aient franchi le stade où elles étaient parties pour le bloc opératoire auparavant. Peut-être te sentiras-tu comme ça. C’est ok.
  • Confiance en ton bébé. Il sait. Il fera ce qu’il a à faire.

 

Pour finir… les doulas, on adore ça les AVAC. On peut peut-être faire un bout de chemin avec toi. Si tu es dans les Laurentides ou à Montréal, je peux aller te voir et en 3 heures, on peut préparer un peu cet accouchement qui s’en vient. 

Si tu as envie d’une pause, d’un rituel pour t’honorer, te faire bercer, soigner, bercer, pense au soin rebozo avant ton prochain accouchement…

Je peux aussi t’accompagner avant, pendant et après ton accouchement.

C’est mon travail. Et quand je vois une femme traverser ses peurs et réaliser sa force et sa compétence, je pleure toujours un petit peu.

À TOI QUI PRÉPARE UN AVAC, JE T’AIME. ET JE T’ADMIRE, BEAUCOUP.

 

*Directive clinique de la SOGC sur  »l’accouchement vaginal chez la patientes ayant déjà subi une césarienne » complète

* INSPQ: Institut National de Santé Publique du Québec

Crédit photo: Genero photo

 

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ÊTRE MAMAN: LE CHAOS D’AMOUR

C’est comme ça. Quand on grandit, c’est le chaos.

Tout le temps. Grandir, c’est accepter qu’une partie de soi, qui nous a permis de tenir debout, ne tienne plus. La laisser partir, pour se polir avec amour; et devenir une meilleure version de soi. À force de voir des familles se tricoter, je suis convaincue que ce passage en est un grand. Il est merveilleux, il est plein d’amour, mais il est exigeant… et souvent un peu chaotique.

Grandir, c’est traverser la tempête. Les grands passages de la vie, c’est comme une tempête. De vent. Qui élague, dérange, qui fait le tri. Après son passage, ce qui reste c’est ce qui a tenu. C’est à partir de là que l’on peut reconstruire, sur nos fondements les plus fiables et précieux. Le reste, à la mer.

 

L’avant-bébé, déjà, peut être mouvementé. On l’attend, on le rêve, on repousse, on trouve ça trop long, ou trop vite, ou pas avec le/la bon(ne)… on s’imagine parent idéal, avec bébé idéal. On s’attache. On se regarde, se mesure : ‘serai-je assez bon(ne)?’ En tout cas on plonge. J’ai surtout envie que l’on se penche vers les chaos avec bébé…

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Chaos physique de la grossesse

On s’ouvre du système cardio-vasculaire, de l’utérus, de la cage thoracique, du bassin, du cœur et du psychisme. On se sent ralentir, fatiguées, distraites, ou rayonnantes, ou patate. En tout cas, on sent que ça change, là-dedans. Pour le mieux, mais vite et beaucoup. Certains jours on aime, d’autres pas du tout. Ambivalence.

 

Chaos psychique

On est ouvertes, ouvertes. Tellement que des rêves étranges ou des vieux souvenirs traversent de ce côté-ci de notre conscience. On fait du ménage. Déjà c’est gros ! ‘ Je vais donner autant d’amour que j’en ai reçu’…’je ne serai pas comme mes parents…’…

On s’attache à notre crevette, on y tient fort fort, tellement qu’on a peur que quelque chose ne se passe pas pour le mieux. Des tests qui sont là pour écarter les problèmes nous fournissent parfois de quoi s’inquiéter de ne pas être ‘NORMALE’, pendant une grossesse ‘NORMALE’ d’une bébé ‘NORMAL’.

Des mécanismes de défense qui nous ont couverts comme une carapace et permis d’avancer ne tiennent plus. Comme craquelés par ce gros ventre. Tout notre être nous demande de s’en délester. À la mer. C’est vertigineux parfois car sous notre carapace nous savons que notre bijou de vulnérabilité est là. Et sans nos carapaces, que pourrait-il se passer ?  À la mer.

Pour avancer dans cette grande transformation, nous avons besoin de temps, de présence. De compagn-ons-es. Besoin de faire des allers-retours. Ambivalence.

 

Chaos social

Autour de nous, ça grouille. Quand on est chanceux, on a une tribu autour qui a confiance en nous, en nos capacités à bien choisir et à être les meilleurs parents du monde. On côtoie des plus vieux qui nous parlent de leurs vécus, on a des amis ou des parents qui savent être à la bonne place pour nous.

Ou bien ça grouille autrement; on nous touche le ventre sans gêne, ou on nous déverse dessus des histoires d’horreur d’accouchement… on voit partout des images irréalistes qui nous font parfois douter de notre compétence; des femmes enceintes, radieuses, ayant pris juste-assez-de-poids-exactement-aux-bons-endroits, performantes. Et puis des images de nouvelles familles en contrôle, calmes, organisées, avec des maisons propres et belles et des chambres de bébé à 10 000$. Ouf. C’est quand on essaie de répondre à toutes ces exigences que le stress arrrive à nous tendre les épaules. Et le front.

 

Chaos contrôle

Ah…le contrôle. Illusion s’il en est une. Eh non, jamais nous ne contrôlerons la vie. Et certainement pas le processus de l’arrivée d’un bébé… Ni le moment, ni le vécu, ni la manière…la grossesse est une belle période pour commencer à cesser les projections. Non, on n’accouche pas toujours comme nos mères. Non, on ne sait pas quand on va accoucher. Oui, parfois on doit ralentir le travail et le social parce que notre bébé a besoin d’espace dans notre corps, notre cœur, notre temps.

La seule certitude possible est celle du moment où nous nous trouvons maintenant. C’est tout. Une grossesse après 40 ans, un AVAC, un col ouvert à 2cm un peu tôt ? Un 4e bébé, une histoire familiale d’accouchements prématurés, une tolérance à la douleur ? ÇA NE NOUS DIT ABSOLUMENT RIEN sur l’histoire de cette naissance qui s’en vient. Toute projection est une illusion. Des professionnels se chargent de mesurer nos corps et nos bébés pour écarter les risques. Nous, comme mères, notre travail c’est de prendre soin de nous, de bien s’alimenter, de prendre du temps dans notre corps à tous les jours, de bâtir notre complicité avec ce bébé. Il nous raconte sa vie par ses coups de pieds, il est toujours à l’écoute.

 

Chaos d’accouchement

Alors là. C’est à l’accouchement que ce chaos se matérialise le plus. Comme si toute l’histoire de la création de ce bébé, avec tous ces chaos, était là pour nous apprendre à accoucher. Parce qu’en accouchement, les carapaces qui peut-être auraient tenu le coup s’envolent. À la mer les carapaces, à la mer nous devons nous abandonner. Tout lâcher. Physiquement, psychiquement, dans notre cœur et notre temps, la seule chose qui doit exister c’est l’espace.

De l’espace pour accueillir la vraie histoire de naissance de ce bébé. De l’espace dans l’agenda. De l’espace pour toutes les possibilités de déroulement. De l’espace pour le temps que cela peut prendre. De l’espace pour qu’il vienne à notre rencontre à travers notre corps. De l’espace pour partir, loin des autres, dans l’oeil de notre tourbillon d’accouchement. De l’espace pour bouger. De l’espace pour être libre. Être animale. De l’espace pour devenir sa maman. De l’espace pour son papa ou sa mamou ou son clan. De l’espace…. Voir l’espace entre les contractions, le vouloir cet espace.

 

Chaos post-natal

D’abord, le chaos immédiat. Bébé est né. Nous ne sommes pas encore revenues. Il nous faut un temps, des secondes, des minutes ou des heures, pour revenir de cet espace d’accouchement. Parce que c’est un peu le chaos à l’étage de notre identité. Fille, femme, mère, humaine. On fait des allers-retours entre toutes pour se rassurer. La fille est ok. La femme n’a pas explosé. La mère, ébahie, arrive. L’humaine poursuit la lignée. Ok. Atterrissage.

Puis le chaos des jours suivants. On est encore si ouvertes, à cette nouvelle relation, à cet allaitement, dans ce corps encore ouvert. Les émotions, la responsabilité. Le couple qui devient famille. Ça grouille.

 

Chaos dans la maison

Et puis c’est le retour. Les jours de visite. Le besoin viscéral que l’on prenne soin de nous, que l’on remplisse notre tasse d’amour pour pouvoir à notre tour prendre soin de notre crevette devenue bébé-phoque. Besoin de soupes chaudes, d’espace pour nommer nos interrogations, besoin de prendre nos repères.

Besoin de temps; ce ventre maintenant vide de bébé, ces seins lourds et chauds, cet allaitement, besoin de temps…. Alors que l’on pensait parfois pouvoir revenir enfin à la femme que nous étions avant rapidement, chaos. Rythme du bébé. Besoins du bébé. Amour infini. Sollicitation inouïe.

Les priorités qui se bousculent à la porte avant que l’on abdique: pour un temps, la maison sera un chaos. Que quelqu’un d’autre s’en occupe. Alors là on pourra se reposer.

 

Chaos dans ton plan de vie

Et oui… devenir une maman change beaucoup de choses. Artistes, femmes d’affaires, camionneuses, comptables, voyageuses, régisseures, ingénieures, caissières, yogis, présidentes, éducatrices, psychologues… peu importe. Mamans d’abord. Créatrices d’humains. Ça chamboule souvent quelques plans. Ces minis ne seront autonomes qu’après bien des années. Nous serons prêtes à les regarder s’envoler après autant d’années ( minimum 😉 ).

On me demande souvent; ça dure jusqu’à quand, le post-partum ? Quand on comprend que post-partum veut dire ‘après l’accouchement’, j’oserais dire que l’on le reste pour toujours.

 

Ce chaos des enfants qui arrivent, c’est un des plus beaux. Ils nous obligent à jeter à la mer nos vieilles choses lourdes et ridées. Ils nous veulent saines, solides, sensibles, légères. À la mer, les carapaces.

 

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LA NÉCESSAIRE RENCONTRE

peau à peau coupéeC’est l’histoire d’un accouchement. En fait, pas vraiment d’un accouchement. C’est plutôt l’histoire d’une adaptation de bébé à sa vie aérienne. C’est l’histoire d’un bébé qui ne comprenait pas ce qu’il avait à faire. Comment respirer. Pourquoi respirer. Il lui manquait un indice.

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Ce bébé, il avait fait son chemin comme un grand, assez rapidement. Lui et sa maman avaient fait un travail extraordinaire. On a même cru, l’espace d’un vingt-minutes-à-130km-sur-la-117, qu’il arriverait dans l’auto. Mais non, il a laissé le temps à sa maman de monter jusqu’à sa chambre d’hôpital. Une fois arrivé, et bien il est né. Voilà. Sa maman debout, il a senti l’air sur son cuir chevelu pour la première fois. Sa maman a réussi à se mettre à 4 pattes sur son lit entre deux contractions et puis petit garçon a glissé complètement hors de sa maman.

C’est simple comme ça. Il est né, et puis on a attendu qu’il respire.

Pas très longtemps, car il n’a pas donné signe d’intérêt assez rapidement. Son cordon, qui l’oxygénait encore, a été coupé rapido pour qu’on puisse l’aider à respirer. Garçon a été amené sur la table de réanimation chauffante qui se trouve dans les salles d’accouchement. Table qui était environ à 5 pieds de sa maman. On lui a donné de l’oxygène, on a poussé les sécrétions dans ses poumons pour les dégager. On a peut-être fait autre chose, moi la doula j’étais avec la maman. Je la regardais devenir maman d’un garçon qu’elle n’avait pas encore pris. Je respirais. Expliquais. Attentive.

Garçon avait son papa. Et des infirmières, son médecin, son inhalothérapeute. Il vivait, son petit cœur battait bien, mais il n’arrivait pas à conserver son taux d’oxygène. 75%, 80%, 90%, on diminue l’apport d’O2…80%, 70%, 60% …on le tient. On remonte.

Ah oui, la maman. Rester avec elle. Elle était belle, pas si inquiète pour son petit. Elle savait qu’il respirerait, qu’elle m’a dit. Elle m’a même demandé d’aller rassurer son homme. Lui, il était aux premières loges et lui, il a pensé que son petit n’y arriverait peut-être pas. ‘’Parle-lui, il te reconnaît. Touche-le, ça va lui faire du bien… tu peux chanter sa berceuse, il t’entend.’’

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Suspendus dans le temps.

Au bout d’un moment, j’ai suggéré de mettre garçon sur sa maman. Je sais que ça aide les bébés. Ils sont moins stressés et vont mieux; rythme cardiaque, respiratoire, glycémie, température, tout va mieux. Super équipe a considéré, mais était très occupée. Ok.

Vague impression que bébé n’est pas là. Pas encore arrivé. Ça bouscule mes croyances, parce que mes croyances sur les histoires d’avant et après la vie je ne les connais pas vraiment. Je ne les ai pas encore nommées, pas vraiment. Mais garçon, il n’est pas encore là. Vague impression qu’il ne sait pas quoi faire. Comment, et pourquoi le faire. Je l’appelle. Je re-demande un câlin maman-bébé. Je sens l’ouverture mais aussi l’inquiétude.

J’en ai vu plusieurs, des petits qui ont eu besoin de soins pour respirer. Mais garçon, celui-là, il a eu besoin de plus de temps. Après plus d’une heure, on décide de l’amener en pouponnière pour le surveiller. Et rayonner ses poumons pour voir. Pour écarter les causes mécaniques. Alors je demande un bisou de maman avant de partir. Des minutes de câlins. L’attachement, que je me dis. L’allaitement, que je me dis. La rencontre, que je me dis.

Alors là, alors là… ce que j’ai vu, c’est de la pure magie. De la magie de maman. De la magie d’amour. Garçon déposé sur sa maman (avec son saturomètre) s’est mis à faire ce qu’il n’avait pas encore fait; travailler pour respirer. Tousser. Bouger, s’étirer. Rosir. Respirer. Chercher le sein.

Moi ? J’aurais aimé voir ma binette. Je devais avoir les yeux grands comme le soleil tellement ça m’a fait plaisir. La vie qui vit, moi, ça me rend heureuse. C’est pour ça que je jardine. Que je regarde les oiseaux, que j’aime le vent. C’est pour ça que je suis doula. Voir garçon prendre goût à l’aventure grâce à la rencontre avec sa maman, c’était comme quand je lève la tête au ciel, la nuit, et qu’une étoile filante me salue. Je pense encore, à presque 40 ans, qu’elle est juste pour moi. Ce moment de rencontre fut un clin d’œil pour moi, la doula. Je le savais. Je le savais dans ma tête depuis longtemps (freak) que c’est important le peau-à-peau immédiat; je l’ai appris, je l’ai lu, je l’enseigne. Mais cette fois je le savais dans mon cœur.

 

Quand naissent les bébés, il existe un espace-temps unique. Un temps pour eux pour apprendre à respirer, sentir l’air sur leur peau. Tous les mammifères ont une séquence comportementale qui les amène à se nourrir. Nous les humains, c’est sur la peau de notre maman qu’elle se fait. Avant de se nourrir, garçon devait respirer mais il lui manquait un indice. La peau de sa maman. Son chemin.

J’aurais voulu pouvoir tenter l’expérience : l’amener sur maman avec toutes ses machines. Juste pour voir. Aurait-il compris plus vite ? Peut-être, on ne le saura pas.

Garçon a quand même été amené, avec son papa, en pouponnière. On a vu que rien d’anormal ne l’affectait. Puis, quelques minutes à peine après son départ, il est revenu sur sa maman. Pour ne plus la quitter. Il a bu, a dormi, comme tous les bébés.

Il avait besoin de sa maman. C’est normal. C’est une histoire d’amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MYTHE DE LA FEMME QUI DEVIENT FOLLE EN ACCOUCHANT

Il paraît que certaines femmes deviennent folles quand elles accouchent. On en a tous déjà entendu parler. C’est un des mythes les plus fréquemment soulevés par les futurs pères que je rencontre (avec celle de s’évanouir) : Est-ce qu’elle va me mordre ? Est-ce qu’elle va m’engueuler ?

D’emblée, je vous dirais non. Sauf si.

Disons d’abord que cette tendance à assumer que les femmes ont un fort potentiel de folie ne date pas d’hier et est toujours aussi présente. Saviez-vous que le terme hystérique vient d’utérus ?  Dès l’Antiquité et pour plusieurs siècles ce terme était réservé aux femmes.  On  accusait l’utérus de causer des épisodes de folie ou de trop grands épanchement émotifs, pour cause de manque d’activité sexuelle. Fait divers, les traitements prescrits étaient le mariage, le re-mariage pour les veuves, la masturbation par le …thérapeute. Par la suite en Occident, le plaisir sexuel étant associé au mal, l’hystérie a été simplement démonisée. On a défini et capturé les sorcières (femmes indépendantes, instruites et puissantes=moins dociles=hystériques) et on en a brûlé des millions. Histoire très courte d’un phénomène profondément inscrit dans l’inconscient collectif et qui peut nous aider à comprendre cette tendance à voir les femmes comme un presto d’hystérie prêt à sauter à tout moment. Pensez à la manière dont on perçoit encore souvent les variabilités d’humeur chez certaines femmes lors de certaines périodes de leur cycle menstruel. Hé.

D’ailleurs en France en ce moment, la question de la violence obstétricale remue les idées et provoque le débat. Voyez d’ailleurs ce dossier de Le Monde, dans lequel plusieurs angles sont utilisés pour questionner la culture qui entoure les accouchements. Les réponses sous-entendant que ce débat provient d’une certaine hystérie collective (!) ne se font pas attendre.

 

Qu’entend-on par devenir folle en accouchant ? Selon ma compréhension des discours et articles ambiants, on parle de trois catégories de folie.

 

  1. Il y aurait la femme qui devient agressive envers les personnes autour d’elle (conjoint(e), personnel soignant, etc). Qui n’est plus polie, qui mord, se fâche. Une mal élevée, quoi.
  2. On parlerait aussi d’une femme qui ne sait pas ce qu’elle veut. Ou qui sait trop ce qu’elle veut. Ou qui change d’idée. Qui ne répond pas aux questions, qui formule des demandes particulières, qui est agressée par un changement d’éclairage, des odeurs, des voix. Qui ne veut pas prendre la position qu’on lui impose. Pire, qui refuse de se faire examiner. Une capricieuse, en bref.
  3. Et puis, non le moindre. La femme qui panique. Qui perd le contrôle, vous savez ? Qui crie, qui appelle à l’aide. Qui fait du bruit. Qui dérange.

 

Tout ça, ça fait peur. Aux partenaires qui se demandent ce qui pourrait bien leur arriver et qui peuvent se sentir très inconfortables à l’idée que leur compagne puisse mal supporter l’autorité devant eux. Et qu’ils puissent devoir en répondre. Au personnel soignant aussi, qui (en plus de se retrouver dans une situation extrême avec des inconnus) se retrouve parfois coincé par des exigences de roulement, d’organisation, de normes, et très souvent en surcharge de travail. Alors s’il faut en plus s’occuper d’une folle….

Mais vous savez quoi ? Celles qui craignent le plus de devenir folles en accouchant, ce sont les femmes elles-mêmes. C’est une de leurs peurs archaïques. Selon plusieurs experts du psychisme des femmes enceintes et qui accouchent, craindre de devenir folle (perdre le contrôle/paniquer), de mourir, d’exploser (de déchirer), d’avoir un enfant anormal et d’être une mauvaise mère sont parmi les plus fréquentes/profondes/normales.

 

Je vous disais, au début de ce billet, non, les femmes ne deviennent pas agressives en accouchant. Sauf si. Sauf si on ne répond pas à leurs besoins. Sauf si on ne leur fait pas confiance. Sauf si on ne les accueille pas assez dans leur force et leur vulnérabilité. Alors là….

J’ai vu une fois une mère entrer en colère en accouchant. Ce n’était pas une colère polie. Elle était très impolie. Très agressive. Parce qu’elle était très dérangée. Parce qu’on ne faisait pas confiance à son corps et à son bébé. Parce qu’on l’infantilisait en lui faisant de longs discours malgré sa parfaite compréhension de la situation. Et que l’on doutait de sa capacité à accoucher.

Vous savez quoi ? Oui, les femmes peuvent se fâcher. Quand elles ne sont pas entendues. Ni respectées. Certaines, par habitude, conditionnement, vulnérabilité, se tairont au moment de l’accouchement. D’autres pas.

 

Je suis toujours aussi incrédule devant ce phénomène qui consiste à mieux comprendre et respecter les besoins des autres femelles que ceux des femmes qui accouchent. Imaginez une lionne qui accouche… et qu’une personne (inconnue de surcroît) entre et la fasse se déplacer, ou lui parle fort…. si cette lionne devenait agressive, on la traiterait de folle ou on se dirait qu’on aurait peut-être du la laisser dans sa bulle ? Demander aux mères d’être polies, gentilles, calmes, attentives aux autres en accouchant, c’est comme le demander à une lionne.

 

Une dernière chose…changer d’idée, ne pas répondre aux questions, formuler des demandes particulières, se sentir agressée par un changement d’éclairage, des odeurs, des voix, ne pas vouloir prendre la position qu’on impose, refuser de se faire examiner…ce sont des comportements normaux de femme qui accouche. C’est en respectant tout ça que l’on peut favoriser les naissances les plus simples possibles.

C’est en respectant tout ça que l’on peut permettre aux mères de plonger dans leur propre expérience d’accouchement, qui est unique, et qui peut être pour elles une occasion de toucher à ce qu’elles ont de plus beau, de plus fort. Une expérience profondément corporelle, involontaire, animale. Un passage comme tous les autres qui transforme, nourrit, sur lequel on peut s’appuyer pour continuer de grandir.

On n’est pas folle quand on accouche, on accouche.

 

 

Allaiter, récupérer, coopérer: la vie avec bébé.

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Vous revenez enfin à la maison, avec bébé. Vous aviez tout préparé; la chambre de bébé, votre congé, votre plan de naissance, les couches pour 6 mois à venir. Vous étiez prêts, excités, un peu fébriles mais prêts. Mais voilà; c’est le retour, le vrai. Et le choc de la réalité.

 

Pour en parler je vous propose un nouvel atelier complémentaire aux cours prénataux sur une journée; 3 heures pour préparer l’allaitement, la récupération physique, la collaboration entre les parents et les gestes de base pour prendre soin de bébé. Parce que devenir parent, ça ne se passe pas toujours exactement comme dans notre imaginaire.

Vous avez peut-être quelques deuils à vivre; cet accouchement, quelle histoire ! C’était plus long ou plus tourbillon que prévu… pas du tout comme prévu, en fait. Et pis votre bébé, c’est le plu beau de la terre… sauf qu’il ne dort pas ! Pas dans sa couchette, pas dans la poussette, juste sur votre poitrine. Un tout petit peu à la fois. Et il adore boire au sein. Ou pas. Ou très longtemps.

Deuils à faire… deuil de votre couple d’avant, de vos petits plaisirs, de votre routine et des extras qui vous faisaient sentir spécial(e). Vous adorez skier, veiller avec les amis, aller boire un café pendant des heures, courir, lire, nager, faire du vélo, du hockey, faire pipi, du parachute ? Il faut attendre. Un petit immature vous réclame. Vous commencez à prendre la mesure de ses besoins, et de la sollicitation que ça implique. Vous sentez aussi qu’au fil du temps, vous le devinez de mieux en mieux ce petit être. Vous savez que votre lien d’attachement se construit. Ses premiers sourires vous réchauffent le cœur ! Mais vous êtes fatigué(e)s.

Avec cette fatigue qui s’accumule, vous vous sentez plus irritables, il y a des jours qui vous paraissent lourds. Vous êtes en équilibre sur un pied sur une montagne de lessive sale.  Des responsabilités en trop. La bonne façon de dire les choses à votre partenaire, ou pas du tout. Un peu trop de solitude, ou trop de visiteurs. Et l’impression que vous resterez clouée au canapé pour le reste de vos jours.

Et puis il y a ce corps. Qui prend peut-être un peu plus de temps à se refermer que vous espériez. Quelques livres en plus, pas toujours où on les voudrait, qui tardent à s’évaporer. Un périnée distendu, un ventre bien mou, ou des seins trop durs. Vous rationnalisez, c’est des traces d’amour, après tout.  Par contre, secrètement vous vous comparez, regardez des images de nouvelles mères bien propres, au corps quasi-comme avant, heureuse dans leur maison impeccable avec leur poupon qui fait la sieste n’importe où et avec tout le monde.  Et la libido ?

Et tout autour il y a tous ces conseils, noirs et blancs.

 » Donne-lui un biberon, tu pourras te reposer »/  » Allaite-le dès qu’il se réveille, vous vous rendormirez plus vite. »

 »Ne dors pas avec lui, c’est dangereux »/  » le co-dodo, moi ça m’a sauvé la vie »

 » T’as vu le programme de remise en forme militaire post-natal ?  »/  » Attends, repose-toi.. »

 » Tu peux pas toujours le prendre, tu as tes choses à faire…laisse-le pleurer, il va s’habituer. »/  » Réponds-lui rapidement, il se sentira plus sécure. »

Alors là il faut revenir à soi. (Ré)apprendre à respirer, à se poser. Pour sentir au creux de soi cet instinct qui toujours sait. (Ré)apprendre à écouter son bébé. (Ré)apprendre ce qu’est le développement normal d’un nouveau-né et les comportements qui vont avec. (Ré)apprendre à communiquer, aussi. Avec soi et les autres. Et apprendre ce qui se passe dans le corps d’une mère après la naissance pour bien le chouchouter, et ensuite le re-tonifier doucement.

Pour favoriser l’harmonie et l’attachement dans les maisons…. rejoignez-moi !

Prochaine date: 31 août 2017 18h à 21h, Espace Maternité-Famille de St-Jérôme.

Mieux-Naître à Laval: une mine d’or sans argent ?

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Je vous ponds un mini-billet rapido aujourd’hui; rapido parce qu’il faut faire vite.

 

Il faut faire vite car un organisme qui améliore la vie des familles de Laval patiente depuis déjà trop longtemps. Depuis plusieurs mois, l’organisme Mieux-Naître à Laval garde ses portes ouvertes aux familles, en survie, en attendant d’obtenir la subvention gouvernementale qui lui permettra de poursuivre sa mission. Et si elle ne la reçoit pas, et ben ce sera la clé dans la porte fin mars. Y a toujours des limites à la capacité d’adaptation.
Pour vous faire ça court: une coalition ‘ Pour nos bébés’ s’est formée et a lancé une pétition demandant simplement au gouvernement d’octroyer cette mythique, légendaire subvention. Je vous demande, enjoint, supplie, oblige (!) à la signer. Il ne reste que 6 jours pour le faire. C’est ici: http://pournosbebes.org/fr/coalitio…. Allez, ça prend 1 minute et c’est ainsi que la voix des citoyens se rend à l’Assemblée Nationale. Et pis tant qu’à faire, vous qui êtes friands de périnatalité parce que suiveux de ma page, encouragez vos namis FB à faire de même. On va l’avoir !
Ça, c’était pour faire ça court. Si vous voulez vraiment savoir….
Mieux-Naître à Laval, c’est une petite équipe dirigée avec amour par Lysane Grégoire, bien connue dans le milieu de la périnatalité pour ses positions claires concernant l’autonomie des femmes dans la maternité et le bien-être des bébés et des familles. Bien connue aussi comme une passionnée éprise de sa mission qui fait des semaines de 125 201 255 221 222 heures. On ajoute à ça une coordonnatrice en or qui voit à tout, prévient tout, répare tout. Dans la joie et l’allégresse. Et le respect. C’est aussi un CA toujours dynamique et convaincu, composé de membres issus de tous les milieux, prêts à réfléchir pour accomplir la mission de MNL et établir des ponts avec le monde entier. Et il y a nous, quelques contractuelLEs qui rendons les services au mieux; l’animation de rencontres pré et post-natales et d’ateliers divers, l’accompagnement à la naissance, les bains thalasso, la consultation en allaitement, le yoga, le baladi avec bébé, le soutien aux relevailles, alouette. Et pis, véritable machine à oxygène pour les organismes communautaires, il y a les bénévoles. Et il y en a. De plus en plus. DévouéEs, convaincuEs, ça anime des causeries gratuites, ça fait de la comptabilité, du ménage, ça lève des fonds ( et des montagnes). Bénévoles parce qu’ils ont profité de MNL déjà, ou veulent le fréquenter, ont de l’expertise à partager, ou croient en l’importance de l’organisme, entre autres.
Et il y a, surtout, des familles. Plein de familles ! Plein plein, de plus en plus. Elles arrivent parfois en pré-natal pour le yoga ou les rencontres de groupe. Puis, elles envisagent d’être accompagnées pour la naissance de leur bébé. Ou bien elles appellent l’assistante périnatale pour un coup de main. Ou elles reviennent présenter leur bébé. Ou, tant qu’à être en congé de maternité, elles bénévolent. Chose certaine, elles reviennent souvent. Plus de 400 familles désservies depuis l’été 2015. Elles viennent de plus en plus; 42% d’augmentation de la fréquentation en 2016.

Bon.
Maintenant, vous vous dites: bravo, mais pourquoi alors ils ont besoin d’une subvention si ça va si bien ? Ben c’est parce que MNL c’est entre autres, une entreprise en économie sociale. Ça veut dire que pour plusieurs services, les tarifs varient en fonction du revenu des participants. Parfois, c’est même gratuit. Bon, ben pour offrir ça, ça prend du soutien. Soutien qui s’inscrit d’ailleurs dans la ligne de toutes les belles résolutions de différentes instances bien pensantes.
C’est juste que là, l’argent, il arrive pas. Ça tarde, ça tergiverse. Il n’y a que Lysane qui pourrait vous expliquer pourquoi; nous, les communs des mortels, on ne peut pas comprendre, c’est comme la Maison des Fous d’Astérix. Un fait est clair: Pas de subvention = fermeture des portes au 31 mars. Ce serait absurde, considérant tout ce que je viens d’écrire. Et moi, l’absurdité, ça me choque. Surtout quand on parle du bien-être des familles.

 » J’accouche, tout va bien…c’est fort, c’est grand, c’est parfait.. » – Nouvel article sur www.seinplementpourmoi.ca

Je vous partage aujourd’hui mon dernier article sur www.seinplementpourmoi.ca.

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Dans cet article, je persiste et signe sur l’importance d’aborder l’expérience de l’accouchement avec confiance et positivisme pour arriver à s’abandonner aux forces de la naissance. Je vous offre aussi une belle liste de visualisations positives à coller partout dans la maison !


 

 » Nous sommes des mammifères qui accouchons comme des mammifères. Le hic, c’est que notre beau gros cerveau intelligent d’homo sapiens regarde l’accouchement comme quelque chose de très compliqué et menaçant pour l’intégrité de la mère et son bébé.

On se persuade d’ailleurs allègrement que c’est très dangereux d’accoucher. Toujours, je veux dire. Bien entendu, il arrive des situations particulières qui rendent la naissance d’un bébé risquée. En dehors de ces situations, la grande majorité des femmes (chanceuses de vivre en occident où généralement on se nourrit suffisamment et on a accès à un suivi prénatal adéquat permettant de détecter les situations risquées) peuvent donner naissance par elles-mêmes à leur bébé.

Pour autant qu’on respecte leurs besoins de mammifères, qu’on soit un peu patient et qu’on ait confiance en elles…..  »  LIRE LA SUITE

Bonne lecture, et servez-vous en 🙂

On bouge, on mange, patience et soutien: quand tout va bien c’est comme ça qu’on accouche ( SOGC 2016)

Depuis 2012, j’amène mes pénates de doula au creux de plusieurs unités d’obstétrique. Des Laurentides à Valleyfield, j’ai eu l’occasion d’observer les habitudes de pratique de plusieurs équipes hospitalières.

Nous, les doulas, sommes dans une étrange posture; Michel Odent le dit d’ailleurs; une doula doit savoir un peu de beaucoup de choses. Sans poser d’acte clinique ( écoute du cœur fœtal, examen vaginal, etc..), nous devons connaître les limites de la normalité et les moyens de la favoriser. Nous soutenons les parents dans leurs désirs qui ne cadrent pas toujours avec les procédures habituelles. On se retrouve donc, chacune avec notre bagage, à observer ce qui se passe…on est parfois surprises, soulagées, perplexes, choquées ou transportées par ce que l’on voit.

Moi, j’ai besoin de fouiner dans la littérature scientifique pour comprendre où en sont les connaissances sur la naissance. On en sait bien peu, en fait, et c’est fascinant. Je me souviens d’un médecin qui m’avait dit que parfois, il sentait bien fort que la médecine est un art. Et que lui, il aimait se le rappeler. On improvise à l’instinct, on essaie d’éviter le plus de risques possibles, et chacun ( mère, père, équipe hospitalière) a son propre niveau de tolérance aux risques potentiels. J’ajouterais que chacun(e) a aussi un niveau de confiance et de compréhension des besoins des mères différent. Et qu’on ne peut JAMAIS prévoir un accouchement. Parfois cela mène à des accouchements très encadrés, poussés comme si on était à côté d’une bombe à retardement. Même quand tout va bien. D’autres fois, la confiance est grande en cette mère, ce bébé et leur chemin à eux.

Donc, la petite doula elle voit tout ça et se demande : mais ça tient à quoi exactement ?

Il y a quelques jours je suis tombée sur de nouvelles recommandations de la SOGC concernant la prise en charge du travail spontané chez les femmes en santé, à terme. Tiens, tiens, interesting mon cher Watson. La Société des Obstétriciens Gynécologues du Canada ( SOGC) existe depuis 1944 et représente plus de 3 000 médecins omnipraticiens, infirmier(e)s, sages-femmes et obstétriciens/gynécologues. Entre autres fonctions, elle établit des recommandations cliniques basées sur les dernières données probantes. En clair, elle dit : Ok tout le monde, selon ce qu’on en sait, on devrait travailler comme ça.

Je me suis donc amusée à décortiquer un peu cette directive clinique publiée en septembre 2016 qui concerne les ‘bonnes’ pratiques à tenir lorsqu’une femme en santé qui porte un seul bébé se présentant tête première entre spontanément en travail. Ça a piqué ma curiosité car on ne parle pas d’une bombe à retardement, ici.

Je vous ressors quelques points qui peuvent vous paraître surprenants. La directive clinique est bien sûr plus étoffée; la lire serait une bonne idée. Ainsi, vous pourrez dire à votre voisine que non, on ne coupe plus les périnées des femmes pour rien, et pis que oui, on peut boire et manger en travail.


GO !

Recommandation 3. Les femmes devraient être informées des avantages de la position verticale pendant le travail. Par ailleurs, on devrait les encourager à trouver les positions qu’elles pensent être les plus confortables et les aider à les adopter.

  • Oui oui ! Fini la petite madame qui subit ses contractions couchée au lit. On devrait même vous dire que c’est mieux pour vous et votre bébé de suivre vos sensations et vous aider en aménageant le matériel pour vous permettre d’être confo et détendue. On dit même que ça raccourcit le temps de travail, diminue les taux de césarienne et de péridurale, et que ça donne moins de bébés ayant besoin de soins néonataux/intensifs.

 

 

 

Recommandation 4. On devrait laisser aux femmes peu susceptibles d’avoir besoin d’une anesthésie générale le choix de manger ou de boire comme elles le souhaitent ou selon ce que permet la phase de travail.

Merci beaucoup.   »ou selon ce que permet la phase de travail »…. ? Je ne sais pas trop. J’aime à penser qu’on veut dire  »selon ce que ressent la mère » 🙂


 

 

 

Recommandation 5. Le soutien continu pendant le travail est recommandé pour toutes les femmes en phase de travail actif. Toutes les unités d’obstétrique devraient offrir à chaque femme la possibilité de bénéficier d’un soutien continu et individuel pendant le travail.

Bon. Là, juste pour mon gros plaisir, je vous recopie les explications qui suivent cette recommandation : ‘ Le soutien continu pendant le travail (SCT) désigne des soins non médicaux fournis pendant le travail et comprend une présence continue, un soutien affectif, des mesures de confort, la défense des droits, des renseignements et des conseils. Le SCT peut être offert par une personne qualifiée comme une doula, une infirmière ou une sagefemme, ou encore par un ami ou un proche choisi par la femme. Une revue systématique Cochrane de 2013 qui portait sur plus de 15 000 femmes de milieux défavorisés ou de classe moyenne a révélé que le SCT augmente la probabilité d’accouchement vaginal, diminue le risque d’accouchement par césarienne, réduit le recours à l’analgésie péridurale et améliore l’indice d’Apgar et la satisfaction de la mère. Les analyses de sous-groupes ont montré que le SCT est particulièrement efficace lorsque la personne qui l’apporte ne fait pas partie du personnel de l’hôpital ou du réseau social de la femme.’   Mais c’est moi, ça ?!


 

 

Recommandation 8. Lorsque cela est approprié, les prestataires de soins de santé devraient soutenir les femmes dans leur choix concernant les méthodes analgésiques à utiliser pendant le travail, qui pourraient comprendre des mesures pharmacologiques et non-pharmacologiques.

Donc : si vous souhaitez faire un bout de chemin sans épidurale, les personnes présentes devraient vous respecter et vous soutenir en ayant autre chose à vous proposer si l’intensité devient plus difficile à traverser. Ça, ça veut dire des infirmières formées à la physiologie et au soulagement non-pharmacologique.

 


 

Recommandation 12. On devrait encourager les femmes qui reçoivent une péridurale à adopter des positions confortables et à maintenir leur mobilité et leur flexibilité tout au long du travail.

Non, ce n’est pas obligatoire de restée couchée après avoir reçu l’épidurale. On ne peut pas vraiment marcher en général, mais on peut virevolter dans le lit dans tous les sens (avec un tit-peu d’aide 😉 ) . On dit que ça favorise l’accouchement vaginal.


 

 

Recommandation 15. Il vaut mieux retarder la poussée lorsque la femme ne ressent pas le besoin de pousser, en particulier si la présentation est à une hauteur supérieure à +2cm ou n’est pas occipito-pubienne, en supposant que la surveillance du fœtus ne montre rien d’anormal et que l’état de la parturiente est satisfaisant.

-Bon. En clair : Quand la mère et le bébé vont bien, on est mieux d’attendre que la femme sente son réflexe de poussée. Surtout si son bébé est encore haut ou n’a pas encore placé sa tête dans l’axe le plus favorable. Ce n’est pas parce que le col est complètement ouvert que c’est le temps de pousser. On dit qu’on peut laisser bébé descendre par la seule pression des contractions jusqu’à 2 heures après la dilatation complète, avec ou sans épidurale. Je vous fais ça court, mais une autre recommandation établit qu’on devrait aussi laisser la mère pousser selon ce qu’elle ressent, soit spontanément ou en étant dirigée.


 

 

 

Recommandation 18. Il faut éviter le recours systématique à l’épisiotomie lors des accouchements vaginaux spontanés.

  • Merci beaucoup.

 

 

 

Recommandation 19. Il n’est pas recommandé de procéder à un accouchement opératoire moins de 2 heures après le début de la poussée si l’état de la mère et la surveillance fœtale sont normaux.

  • En clair : pas de forceps ou ventouses moins de 2 heures après le début de la poussée quand tout le monde va bien.

 

 

Voilà mes petits moineaux, servez-vous en, c’est pour vous ! Et rappelez-vous: l’accouchement est un acte physiologique normal.

 

Crédit photo www.lalobaphoto.com Merci magnifica !