PÈRE NOEL, PÈRE NOEL, APPORTE-NOUS MOINS DE BÉBELLES…

tirée de veux-turire.com

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Je ne crois pas être la seule; vivre dans une maison remplie de piles, de jouets de plastique aux couleurs criardes et aux sons non-moins criards, je ne peux plus. Depuis quelques années, en fait. Depuis que j’ai des enfants, je dirais. Parce que mes enfants, si je mets à leur disposition 3 bouts de bois, ils arrivent à faire autant de sons qu’une (trop mignone) ménagerie affamée… aussi bien ne pas rajouter de sirènes de pompiers…  Et puis, on l’a assez vu, il est bénéfique pour eux aussi d’avoir à se créer eux-mêmes leurs jeux et d’évoluer dans une ambiance joyeuse, stimulante, mais qui permet aussi les moments de détente et qui favorise leur créativité.

C’est maintenant le temps de faire face à la musique; les réjouissances s’en viennent; les fêtes, les retrouvailles, les nuits plutôt blanches ( surtout pour les parents de tout-petits), les soupers bien riches, les chalets loués entre cousins… et l’avalanche de parents-marraines-grands-parents-oncles qui, le coeur tout gonflé, voudront offrir du bonheur aux parents et aux tout-petits qui les entourent. Et ceux qui sont comme moi amateurs de blanc, de bois et de matins paisibles devront brandir le plus doucement du monde leur banderoles de casse-pieds titrées:

Chère famille Cher Père Noel comme cadeau cette année, je vous demande de la présence, du soutien, de la créativité,  du bichonnage. Pour mes enfants aussi.

Alors, futurs et nouveaux parents choyés:

  • qui arrivez à dénicher presque tout ce qu’il vous faut usagé
  • qui êtes si bien entourés que vos proches vous refilent leurs essentiels-bébé
  • qui tenez à ne pas appuyer un mode de production ne prône pas exactement le respect des individus ni de l’environnement
  • qui croyez qu’un bébé naissant ça ne devrait pas coûter des milliers de dollars ( et causer de par le fait même un stress financier dans une période de la vie durant laquelle, souvent, on est à se positionner professionnellement, on agrandit notre nid, on le rénove, on fait de meilleurs choix alimentaires pour le bien de tout le monde, on se dit qu’il faudra peut-être avoir une voiture…)
  • qui tenez à prendre soin de vous, même ( et surtout ?) pendant cette période de grosse adaptation, de vulnérabilité, d’apprentissages frénétiques, de sollicitations, de transition, de découvertes et d’émerveillement ( !)

Cette année, suggérez à ceux qui vous aiment de vous offrir du SOUTIEN, des OUTILS DE PARENTS, un TEMPS pour vous. Ça se prend bien ! (Vous m’entendez galoper avec mes gros sabots ? )

Photo 002La doula a plein d’amour pour les parents dans son sac; et cet amour est en promotion pour la périodes des Fêtes ( jusqu’au 31 décembre 2014). Vos proches peuvent vous offrir un tout jooli chèque-cadeau pour :

 

DE TOUT POUR SOUTENIR ET FACILITER L’ARRIVÉE D’UN NOUVEAU BÉBÉ !

PARTAGEZ ET DEMANDEZ !!


 

 

 

Et puis, d’autres idées hors-bébelles pour les cocos, tous âges confondus ( j’enlève mes gros sabots !) ?

Un spectacle pour touts-petits, un cour de bébé nageur, des blocs de bois de construction coupés/sablés par Mononcle Patenteux, un cache-cou funky tricoté par Matante Gertrude, une journée-privilège avec grand-maman, du temps de gardiennage, une session de yoga pré ou post-natal,  un atelier culinaire grands-parents-enfants, une activité trop cool, un bain Thalasso pour nouveau-né, des séances de traitement en ostéo ( bonne idée pour maman aussi), un livre chouette fait au Québec pour préparer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur, une séance de peinture de céramique, un souper au resto avec marraine, un album photos de coco avec sa famille élargie,  une séance d’initiation à l’équitation de spectacle ,  …

Ce ne sont pas les idées qui manquent ! Cherchez un peu près de chez vous; les ressources sont là !

LES CHÈQUES-CADEAUX SONT ARRIVÉS !

Photo 002 JUSQU’AU 31 DÉCEMBRE, PROFITEZ DE TARIFS SPÉCIAUX À L’ACHAT D’UN CHÈQUE-CADEAU ( La faute à la magie de Noel ) ! Offrez de l’amour, du soutien et du respect aux familles qui vous sont chères.


Chèques-cadeaux* disponibles pour:

* Un supplément pour frais de déplacement sera exigible pour les services rendus au nord de Tremblant et au Sud de St-Jérôme. CONTACTEZ AMÉLIE POUR TOUTE INFORMATION.

LENDEMAIN DE VEILLE DE DOULA

image tirée de  littlesunshine.blogourt.fr

image tirée de littlesunshine.blogourt.fr

Vous avez déjà bu une tasse d’oxytocine, d’endorphines et d’adrénaline ? Au lendemain d’une naissance, au retour à la maison, c’est une drôle de bulle qui entoure la doula.

Après avoir ouvert mes antennes à EXTRA-WIDE pour soutenir une mère qui vit un passage des plus importants, après avoir veillé au bon vécu du père, après avoir, je l’avoue, souvent frôlé mes propres peurs et mes limites de fatigue, me voilà qui rentre au nid familial. Le coeur tout gonflé de plein de choses; de l’admiration ( plein, toujours), de l’amour ( toujours), parfois aussi de moins douces choses. Les parents m’invitent dans leur bateau, j’embarque. Alors parfois je reviens à la maison comme une petite barque de bois vieilli rentre d’une traversée de l’océan. Je l’avoue candidement, et je sais que je ne suis pas seule ainsi, n’est-ce pas, amis accompagnantes à la naissance, sage-femmes, infirmières et médecins ? Travailler proche d’une naissance nous amène à farfouiller dans toutes les émotions du monde.

Nous, les doulas, travaillons dans une zone innomée. C’est ce qui fait la beauté de notre métier; nous enveloppons les parents de toute notre tendresse mais ne faisons pas partie de la famille… nous sommes au fait de la physiologie d’un accouchement, des utilités et incidences des interventions médicales et surtout de l’environnement propice au bon déroulement de la naissance; en contexte hospitalier, nous travaillons fort  à préserver ces conditions, mais nous ne sommes pas membre de l’équipe hospitalière. Nous sommes en grande majorité travailleuses autonomes et donnons donc chacune une couleur personnelle à nos accompagnements, nos clients deviennent parfois des amis ( en tout cas on les aime tous !! ), nous savons décoder le langage médical de l’obstétrique, nous apprenons à tenir l’espace autour de la femme qui accouche en nous reliant à plein de choses étranges comme notre intuition, notre présence à nous-mêmes… nous passons des heures à comptabiliser nos factures et nous avons parfois besoin de week end de ressourcement personnel pour pouvoir continuer ! Drôles de bibittes…

Au retour d’une naissance, avant de sombrer dans un sommeil proche de l’état végétatif, j’ai souvent besoin de mettre sur papier mon vécu de l’arrivée de ces bébés. Question de m’assurer une vraie profondeur de sommeil et non une compétition de hamsters qui tournent sans cesse la roue de cet accouchement tout frais. Car nous, les accompagnantes à la naissance, ne faisons pas de  » debriefing » d’équipe après une naissance. Nous sommes seules avec nos  » et si… »,  » ah, c’était donc ça.. » et nos  » j’aurais peut-être pu…  ». La charge émotive d’un accouchement est toujours belle et grande, vous vous imaginez bien. La coucher sur papier pour pouvoir me reposer et me recharger me libère beaucoup. D’autres la dessineront, la peindront, la marathonneront, la raconteront ( euh, oui, moi aussi je monopolise parfois mes proches et mes collègues pendant de grandes minutes * merci mon amoureux, Isabelle et ma maman !! * Ne vous en faites pas pour la confidentialité; je parle de décharge émotive ici, et pour ce faire nul besoin de nommer de noms 🙂  )  Ensuite, je sombre pour le plus d’heures possible dans ma doudou.


J’ai donc envie, aujourd’hui, de vous partager un simple et court récit, écrit tout d’un jet quelques heures après une des magnifiques naissances que j’ai eu la chance d’accompagner. Elles le sont toutes, magnifiques. Ce que je trouve le plus magnifique, moi, c’est de voir le courage, le courage, et le courage de toutes les femmes au moment de rencontrer leur bébé. Tous les déroulements me touchent aussi profondément, je tiens à le mentionner.

Voici donc un simple petit texte de doula en lendemain de veille, la tasse d’oxytocine, d’endorphines et d’adrénaline encore à la main.

 » Dans le secret de la nuit, parfois de gros bébés font leur chemin en glissant comme des petits poissons. De gros bébés qui ont permis à leurs parents d’apprendre la patience au long des jours qui se sont ajoutés à la date ‘prévue’ de leur naissance, la confiance en la perfection du processus. Parfois, dans le silence d’un étage hospitalier quasi-désert, une magnifique femme se laisse traverser par une force, un ouragan qu’elle croit bien plus fort qu’elle. Elle touche ses peurs, sa puissance, sa vulnérabilité, son courage..comme toutes les mères au moment de la naissance de leur bébé, elle apprivoise sa tornade. Un homme reste tout près, avec du calme dans les mains et l’étincelle au fond des yeux. Puis arrive doucement la maman de la maman. Quelle tendresse. Ce qui passe entre les mains de la mère(grand) et les joues de la mère… Parfois de gros bébés viennent en glissant goûter un peu à ce monde rempli d’air, puis découvrent goulûment le bonheur d’être au sein de celle qu’ils connaissent déjà si bien. Parfois c’est aussi simple que ça. Toujours intense, toujours magnifique, toujours plus grand que ce qu’on en sait. Et parfois, la doula privilégiée est lovée au creux de la nuit… »

POURQUOI OFFRIR UN ATELIER SUR LA NAISSANCE AUX ENFANTS; EST-CE PERTINENT ?

photo ConstancePOURQUOI OFFRIR UN ATELIER ÉDUCATIF SUR LA NAISSANCE S’ADRESSANT AUX JEUNES D’ÂGE PRÉSCOLAIRE ET SCOLAIRE ; EST-CE PERTINENT ?

 » NAÎTRE, TOUTE UNE AVENTURE ! »

www.ateliernaissance.com

J’ai le bonheur de proposer, avec ma collègue Laurie Vallée-Dallaire dès cette rentrée, une série d’ateliers sur la naissance destinés aux enfants d’âge scolaire et préscolaire. Vous pouvez trouvez toutes les informations sur ce programme d’ateliers au www.ateliernaissance.com .Je vous partage ici ma réflexion sur la pertinence d’offrir ces ateliers.

En tant qu’accompagnantes à la naissance, femmes, mère, étudiante en psychologie pré et périnatale, aide-natale, éducatrices en périnatalité et remplaçante en services de garde, nous avons maintes occasions de lier le vécu que nous observons dans l’accompagnement des nouveaux parents aux questionnements posés par les enfants et les adultes qu’ils deviennent. Il est désormais entendu que la peur, l’appréhension et le stress sont des ennemis de l’accouchement satisfaisant et sans complications. Il est aussi facile d’admettre que beaucoup de ces peurs s’impriment très tôt dans l’inconscient suite aux histoires entendues et aux images visionnées. Il est de plus largement reçu qu’une naissance en santé, tant physique qu’émotive doit être favorisée pour le bien-être des parents et de leurs bébés.


COMMENT DIMINUER LA PEUR DE L’ACCOUCHEMENT DANS NOTRE SOCIÉTÉ ? COMMENT FAVORISER DES NAISSANCES PLUS SIMPLES ?

Il nous apparaît évident que par le biais d’une série d’ateliers proposés dans divers milieux ( services de garde, écoles, Centre de Ressources en Périnatalité, Maisons de la Famille, Regroupements de parents, Maisons de Naissance etc), la possibilité nous est offerte de contribuer à déconstruire certaines peurs et susciter l’émerveillement face à la naissance. Imaginez  :

  • parler de naissance aux enfants en des termes positifs

  • leur exposer l’incroyable complexité du processus physiologique de la gestation et de la naissance

  • aborder avec eux les facteurs qui favorisent ces processus

  • Ouvrir une réflexion, et stimuler un échange entre eux, leurs parents, et les adultes de leur entourage;
  • partager notre émerveillement plutôt que des scénarios catastrophiques

  • leur faire connaître les différents acteurs en périnatalité

  • explorer différentes réalités et coutumes autour de la naissance

et bien plus…


MAIS…

À QUEL ÂGE LES ENFANTS SONT-ILS PRÊTS À RECEVOIR DES INFORMATIONS DÉTAILLÉES SUR LA CONCEPTION, LA GROSSESSE ET L’ACCOUCHEMENT ?

« Dans une démarche d’éducation à la sexualité, il importe de considérer l’âge, l’étape de développement et les références sociales et culturelles du jeune pour ainsi s’assurer de ne pas le précipiter dans des préoccupations qui ne lui appartiennent pas ou au contraire , de l’infantiliser d’avantage. »1

D’après les spécialistes, des parents et une équipe multidisciplinaire citée en fin de page, les enfants sont très tôt sensibles à leur corps et curieux d’en savoir plus sur leur venue au monde.

Voici les étapes caractéristiques du développement psychosexuel des jeunes de ce groupe d’âge2 :

5 ans

  • Prise de conscience et appréciation de son identité
  • sexuelle
  • Découverte des différentes parties de son corps
  • Curiosité particulière entourant les fonctions sexuelles

6-7 ans

  • Développement de son corps et découverte de
  • ses multiples fonctions
  • Curiosité à l’égard des fonctions sexuelles (conception,
  • grossesse et naissance, etc.)

8-11 ans

  • Différences physiques, affectives, psychologiques
  • et sociales associées au sexe féminin et au sexe
  • masculin
  • Premiers émois amoureux

Voici certains questionnements d’enfants qui nous éclairent sur la pertinence du sujet3 :

5-6 ans

  • Comment le bébé est-il entré dans le ventre de la
  • maman?
  • À quoi ça sert un pénis?
  • Pourquoi maman saigne?
  • Pourquoi je ne dois pas monter dans la voiture d’un
  • inconnu?

7-8 ans

  • Comment les cellules du papa et de la maman
  • peuvent-elles se rejoindre?
  • Qu’est-ce que ça veut dire « faire l’amour»?
  • Quand mes seins vont-ils pousser?
  • Est-ce que les enfants peuvent attraper le sida?
  • Pourquoi je n’ai pas de meilleur ami?

Il nous semble également important d’aborder cette question fascinante à un moment où les jeunes voient leur horizon s’élargir très rapidement. Animés d’une curiosité débordante, ils sont perméables à tout ce qui les entoure. Présenter une vision positive de l’accouchement, montrer la richesse de la complexité de la vie, stimuler la réflexion critique à ce moment précis nous semble primordial et peu fait.


EST-CE VRAIMENT LE RÔLE DE L’ÉCOLE OU DES ACTEURS DE LA COMMUNAUTÉ QUE CELUI D’INTRODUIRE CES NOTIONS ? NE DEVRAIENT-ON PAS LAISSER CETTE PLACE AUX PARENTS ?

L’école et la communauté, bien qu’ayant le mandat d’instruire, ont aussi celui de veiller au développement global de l’enfant. Hors, l’éducation à la sexualité fait partie intégrante de la construction de la personne ; «  (…) la sexualité est au cœur de l’identité sexuelle, de la relation à l’autre, de l’épanouissement et du bien-être d’une personne » 2 . Offrir un cadre informatif neutre, rassurer, démythifier sans sensationnalisme, répondre honnêtement et simplement aux questions peut bien se faire en milieu scolaire. Les parents, de leur côté, de par leurs attitudes, leurs comportements et les valeurs véhiculées à la maison, constituent la pierre d’assise de l’éducation sexuelle de leur enfant


CES ATELIERS CADRENT-ILS AVEC LES OBJECTIFS DES PROGRAMMES DE FORMATION DE L’ÉCOLE QUÉBÉCOISE ?

Sans doute, oui. Survol de réponse de cet atelier aux objectifs des différents programmes des premier et deuxième cycles au primaire :

Programme éthique et culture religieuse :

Répondant à la compétence en éthique, sur le thème « Les besoins des êtres humains et d’autres êtres vivants », en lien avec les éléments de contenu :

  •  Moi, un être vivant unique – Ma naissance et ma croissance
  •  Des besoins communs et différents – Les besoins des nouveaux-nés
  •  Des actions qui comblent des besoins
  • Les cycles de la vie : la naissance, la croissance, la maturité et la mort.

Programme de mathématique, des sciences et de la technologie :

Répondant à la compétence «  Explorer le monde de la science et de la technologie », qui est la seule compétence visée à ce niveau.

En exposant les mécanismes de la conception, de la grossesse et de l’accouchement, l’élève est amené à approfondir plusieurs connaissances anatomiques et physiologiques. Cela amène l’élève à rencontrer l’objectif visé qui est : « L’élève est capable de formuler des questions et de proposer des explications à divers phénomènes reliés à son environnement immédiat. »

Vous trouverez plus de liens vers les aspects du Programme de Formation de l’École Québécoise qui sont soutenus par ces ateliers en consultant la page Web www.ateliernaissance.com


L’IMPORTANCE DE L’ÉDUCATION À LA SEXUALITÉ À L’ÉCOLE EST-ELLE RECONNUE ?

La Politique de périnatalité 2008-2018 du Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec en reconnaît l’importance en ces termes:

« L’éducation à la sexualité s’effectue, pour une bonne part, par l’intermédiaire de l’école, dans le contexte des interventions menées selon l’approche École en santé.(….) Elles permettent d’agir en amont sur les principaux facteurs individuels (dont l’estime de soi, la compétence sociale et les comportements en matière de sexualité) et environnementaux (environnement familial, scolaire et communautaire) qui ont un impact sur la réussite éducative, la santé et le bien-être des enfants et des adolescents. Ces actions permettent de prévenir divers problèmes observés chez les jeunes, dont les grossesses à l’adolescence. »


QUELS INTERVENANTS POURRAIENT BÉNÉFICIER DE LA TENUE DE CET ATELIER DANS LEURS MILIEUX ?

Il nous apparaît donc clair que cette série d’ateliers, en plus de rencontrer plusieurs objectifs du Programme de formation de l’école Québécoise et de s’inscrire en ligne directe avec les recommandations officielles du Ministère de la Santé et des Services Sociaux, répond avec pertinence aux interrogations liées au développement psychosexuel des enfants. Il est destiné à être un outil précieux pour soutenir :

  • les educateurs/trices à la petite enfance ( services de garde privés, CPE et milieux familiaux)
  • les équipes-écoles
  • les intervenants des Maisons de la Famille et des Centres de Ressources Périnatales
  • les groupes de parents

dans l’accompagnement des enfants, en plus d’être l’occasion de s’émerveiller encore devant le phénomène renversant de la naissance.

TOUTES LES INFORMATIONS ( contenu, déroulement, témoignages et photos ) AU www.ateliernaissance.com

 

* Des versions s’adressant aux élèves des écoles secondaires sont aussi projetées.


RÉFÉRENCES ET SOURCES:

1 Tiré de “ L’éducation sexuelle dans le cadre de la réfome de l’éducation » publié par le Ministère de l’Éducation en 2003. Il a été rédigé par une équipe multi-disciplinaire réunissant des sexologues, enseignants, médecins, philosophes, psychologues, avocats et différents intervenants en planification scolaire.

2 idem

4 Les programmes de formation de l’école Québécoise peuvent être lus et téléchargés sur : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/programmeformation/index.asp?page=prescolaire

5 Politique de Périnatalité 2008-2018 : http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/Politique_de_perinatalite_2008-2018.pdf

3 JOURS APRÈS L’ACCOUCHEMENT: BLUES ET ROCK&ROLL

 

 

30 mars 2006: Exténuée, bouleversée, le regard vers mon nouveau bébé.

30 mars 2006: Exténuée, bouleversée, le regard vers mon nouveau bébé.

« Repose-toi, surtout ! ». J’avais entendu, je n’ai pas écouté.

 

Vous auriez du me voir, 3 jours après la naissance de ma première fille : Des seins de béton douloureux qui me prenaient toute la tête, le corps encore chancelant, comme désaxé, une soif incroyable, un bébé neuf que j’aimais TELLEMENT que j’en sanglotais chaque fois que je la regardais. J’ignorais ce que j’allais en faire, de tout cet amour…et puis « est-ce que je vais arriver à la garder en vie, moi ? » Mon amoureux qui me regardait l’air de dire «  euh…. ».

Pas trop de visite. Non, je n’en voulais pas beaucoup. Pas trop d’aide non-plus ; « À deux on sera bien assez pour assurer, et de toute façon j’aime mieux être toute seule. J’ai besoin de me concentrer pour allaiter. » Déjà, à laver des couches en peine nuit ; « voyons, ça produit, cette petite machine-là ! » parce que moi, monsieur, je ne polluerai pas, et TELLEMENT toujours faim !! Ajoutez à ça très peu d’heures de sommeil en 3 jours à pas moyen de dormir avec près de moi cette merveille. Tout ce que je voulais, c’était la regarder, l’écouter, m’assurer que tout allait bien. «  C’est bizarre comme c’est bruyant, un bébé naissant qui dort-ronronne-respire-ronchonne-succionne… » M’en occuper. Mon bébé.

En puis j’étais excitée par ma nouvelle aventure, j’étais ENFIN une maman ! Il y avait aussi, beaucoup, mon accouchement qui tournait en boucle dans ma tête, surtout la nuit. Dès que je glissais dans un demi-sommeil. J’essayais d’analyser ce qui avait été la journée la plus intense, basculante, étourdissante, déroutante de ma vie. À quelle heure, combien de temps ? Qui a dit ? Qui est entré ? Placenta ? Accouchement qui s’était bien passé. Imaginez.

 

DÉLUGE :

Donc, 3 jours après mon premier accouchement, ma sage-femme vient me voir chez moi. Elle cogne doucement, entre, je vais vers elle (ouille, lourdeur au périnée…) Du bout du corridor, elle me dit :

«  Salut ! Comment ça va ? ».

Oups. Les valves qui ouvrent.

J’hésite, je dis : «  J’SUIS FATIGUÉE !!!! » et je pleure, je pleure, je pleure… 

« UNE CHANCE QUE TU ÉTAIS LÀ ! » et je pleure et je veux des câlins…          

«  MAIS ÇA VA BIEN »…. Et mon amoureux, qui me regarde, l’air de dire : « Euh… ».

 

30 mars 2006. Bizoux. On ne le voit pas mais les sanglots m'étouffaient !

30 mars 2006. Bizoux. On ne le voit pas mais les sanglots m’étouffaient !

Puis ma mère qui vient faire de la lessive (et un peu s’assurer que le petit monde va bien). On prend des photos de moi-maman qui embrasse mon bébé : « bouhouhou… je l’aime tellement … ». Elle se prépare à repartir. Et mon amoureux qui se prépare à aller….

QUOI ?

«  Je ne peux pas rester toute seule ( pleurniche-pleurniche)… reste avec moi… ».

Et mon amoureux qui me regarde l’air de dire : «  OUI. »

OUF.

 

 

Voilà , mon premier troisième jour de post-partum. Intense et normal. Rentrée à la maison depuis 24 heures déjà, avec mon amoureux, d’un accouchement sans complications et à la hauteur de mes désirs. Imaginez quand on sort seule, ou déçue, stressée ou choquée de l’expérience.

 

8 ans plus tard, 2 autres 3eme jours de post-partum plus tard, accompagnante à la naissance, j’aime sentir l’énergie tournoyante de ces jours d’adaptation, encore dans la naissance mais aussi un peu dans la « vraie » vie…À mon tour d’ouvrir la valve !

 

Après la lecture de ces souvenirs, vous comprenez l’importance que j’accorde au soutien aux relevailles. Et pourquoi j’en fait.

 

 

 

MAIS POURQUOI CE TOURBILLON, ET QUOI EN FAIRE ?

 

 

 

Ce qui se passe le troisième jour :

 

On s’adapte à notre nouveau rôle* :

C’est pour beaucoup de mères qui accouchent à l’hôpital, le premier jour à la maison avec bébé. Celles qui accouchent en Maison de Naissance réintègrent leur foyer plus tôt lorsque tout est normal, mais les mêmes processus se passent. On est dans le cœur du passage au devenir mère, ici. Tout se matérialise. Le bébé réel est là, avec ses besoins. Devant la fréquence et l’ampleur des adaptations nécessaires, beaucoup de sentiments contradictoires immergent ; besoin de repos ( plus facile qu’à l’hôpital), réponse parfois exigeante aux besoins fréquents du bébé, début de bilan de l’accouchement ( et selon le vécu, c’est gros !) , attachement intense, peur de ne pas arriver à répondre aux besoins de notre bébé adéquatement, anxiété, grande joie, envie de présenter le bébé aux proches, défis dans la mise en place de l’allaitement qui menacent parfois notre confiance, inquiétude pour notre bébé, envie de rester au lit collée avec bébé ( et papa !), fatigue intense, négociations et début d’organisation familiale, préoccupation de son propre corps ( périnée, hémorroïdes, engorgement aux seins, tranchées… on y reviendra.) Ce n’est pas rien !

*Si ces phénomènes sont souvent plus aïgus pour un premier bébé, ils sont aussi très présents lors des naissances subséquentes. On devient toujours mère « de ce bébé-là » pour la première fois…

 

La montée de lait et l’apprentissage de l’allaitement :

Suivant le déroulement de l’accouchement et des premières heures de vie du bébé, c’est entre le 3e et le 5e jour que le « lait » des premiers jours ( le colostrum) , précieux et tellement riche, se transforme en « vrai » lait. Comment ?

La grossesse est terminée -> oestrogènes + progestérone au plancher.

Le bébé tète souvent, est en contact peau-à-peau avec sa mère qui est calme et confiante -> oxytocine+ bêta-endorphine + prolactine au ciel, idéalement.

Ces changements hormonaux participent aux bouleversements émotifs de cette période, mais n’en sont pas les seuls responsables, comme on l’a vu plus tôt… ( Non, nous ne sommes pas des hystériques J )

Revenons à notre montée de lait ; Plus votre bébé aura tété souvent pendant ses premières 36 heuresde vie et plus il aura été en peau-à-peau avec vous, plus le lait « arrivera » tôt et abondant. La montée de lait dure généralement entre 24h et 48h. Elle est souvent très « prenante » pour les mères ; « arrivera-t-elle, quand, aurai-je assez de lait, est-ce normal ce que je sens, oh la la j’ai des seins de béton !! » Certaines femmes ne sentent pas beaucoup de changement (ce qui n’indique PAS une insuffisance de production !) d’autres ressentent chaleur et lourdeur dans les seins, d’autres auront à gérer de l’engorgement ou un bébé envahi par une vague de lait ! Et toutes les mères et tous les bébés ont besoin de temps pour apprendre leur propre relation/modèle/technique d’allaitement.

 

 

Le possible blues du 3 e jour :

 MONTÉE DE LAIT = MONTÉE DE LARMES !

De tout ce que l’on vient de voir découle souvent le fameux « blues » du post-partum, qui   dure en général quelques jours/semaines.* On pleure, on doute, on adore, on est impatiente, on bécote, on cherche, on est fière, on est irritable, on craint, on apprend… on grandit ! J’ai l’impulsion de croire qu’il est sain, ce blues …il est peut-être simplement l’expression d’un grand passage. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’il est passager ? Il ne s’agit pas de le banaliser ; l ’entourage doit rester vigileant et supportant. Il doit reconnaître la grandeur de ce que vit la mère et lui permettre de l’exprimer. Ce blues, on ne veut pas qu’il s’installe et s’étire en dépression ou pire encore. Pour s’aider, s ’accorder le droit d’extérioriser ce qui nous préoccupe, raconter notre accouchement, se reposer, être tendre avec soi-même, pleurer, bien s’entourer, garder confiance… Tout ceci est normal, et passager.

*Dans nos sociétés, 80% des femmes vivraient un épisode de blues post-partum.

Source : http://www.groupelesrelevailles.qc.ca/la-depression-postpartum-au-dela-dune-simple-statistique/

 

 

 

 

 

 

VOICI CE QUE LA DOULA-VIEILLE TANTE RETIRE DE SES PROPRES 3EMES JOURS ET DE SON DÉBUT DE VÉCU D’ACCOMPAGNANTE…

 

Je vous renvoie la leçon, vous me voyez venir…parce que je l’ai traînée ma fatigue, différemment à chacune de mes 3 expériences ; plus vous vous accorderez de repos et de pause dès les premiers jours et pour le premier mois, plus vite la grande fatigue normale passera.

Il est important de prendre soin de cette fatigue pour faciliter la récupération, l’adaptation, l’allaitement, l’attachement, et mettre toutes les chances de son côté d’éviter la dépression post-partum.

Il est d’ailleurs d’usage de permettre une période de repos total dans plusieurs cultures…dans lesquelles on relève moins de dépressions post-partum qu’en Occident. Aperçu : http://www.babyzone.com/mom/postpartum-depression/postpartum-care_68591

 

Pourquoi ne pas profiter de ces jours où votre bébé est tout neuf, où il sent si bon, où il ne souhaite que dormir contre vous… ils ne reviendront pas ! Donnez-vous le temps de raconter sa naissance à votre bébé, laissez-le vous raconter son histoire, prenez le temps de sentir l’extrême douceur de ses petites fesses, ses mouvements SUR vous alors que vous les sentiez EN vous il y a peu de temps, de sentir son odeur unique que la mamammifère que vous êtes reconnaît… vous comprendrez plus vite ses besoins, vous vous rassurerez sur vos compétences, vous lui offrirez la sécurité dont il a tant besoin pour bien atterrir… que du bon !

 

 

TRUCS DE LA DOULA-VIEILLE TANTE EN PÉRIODE POST-PARTUM PRÉCOCE

( à imprimer, découper et afficher sur le frigo quelques semaines avant l’accouchement.   )

 

   ˚Gare au syndrôme de la super-woman!

˚ Ne s’occuper que de soi et d’allaiter ( le cas échéant) quand c’est possible. Faire que ce soit possible.

˚ Manger en allaitant, dormir quand bébé dort

˚Faire 2 siestes par jour minimum pendant les 2 premières semaines

˚Faire une sieste par jour minimum pendant les 2 semaines suivantes

˚Allaiter aussi couchée  ; cela permet de continuer à se reposer pendant que bébé se nourrit

˚Utiliser son porte-bébé, pour libérer les mains et pouvoir faire chauffer son repas…

˚ Ne pensez pas tout de suite à perdre les kilos accumulés pendant la grossesse. Nourrissez-vous      bien, et souvent.

˚Avoir demandé des repas maison riches en fer et protéines comme cadeau de naissance

˚ Des collations fréquentes, riches en vitamines, minéraux, protéines, vous soutiendront pendant ces jours intenses. Boire au-delà de votre soif de l’eau, des jus, des tisanes adaptées.

˚ Envoyer un message clair aux gens qui vous aiment et viennent vous visiter ; ce n’est pas le temps de leur servir un café ; rester dans votre chambre, en pyjama…ils sentiront votre besoin de repos.

˚Établir ses priorités ; accepter le désordre temporaire ; le ménage DOIT figurer en toute dernière place !

˚Avoir établi une liste des personnes pouvant apporter leur soutien pendant les premières semaines ; ne pas hésiter à demander, et à être claire dans vos demandes. Après tout, les gens qui sont à vos côtés sont bien là pour votre bien-être !

˚Ne pas hésiter à faire appel aux services offerts dans votre communauté ou par vos proches, pour des repas, des tâches ménagères, etc…

 

…SE RAPPELER QUE ÇA PASSE…

 

 

LES TRUCS DE LA DOULA-VIELLE TANTE POUR ESPACER LES VISITES

ET FAVORISER LE REPOS

(en fait ce sont des phrases entendues chez plusieurs futurs/nouveaux parents, elles ne sont pas de la doula vieille-tante 😉

 

« On va prendre la journée pour se reposer, mais si tu peux nous cuisiner quelque chose… »

« On vous attend, mais vous apportez le repas et vous faites la vaisselle ! »

« Les heures de visite sont : Lundi, mercredi & vendredi, de 15h à 18h ! »

« Nous sommes fermés pour 2 semaines. De retour bientôt ! »

« Nous vous inviterons dès que nous serons sur pied ; nous avons bien hâte de vous le présenter ! »

« On a déjà ma mère et la voisine qui viennent demain après-midi ; venez donc en même temps ! »

« Voilà mon bébé ; tu le prends pendant que je prends une douche ? »

 

…IDENTIFIER ET NOMMER SES BESOINS…

 

 

En clair, comme m’a dit ma sage-femme ce troisième jour suivant la naissance de ma première fille…

«  On dit toujours que la maternité c’est merveilleux ; mais on n’a jamais dit que c’était facile. »

 

 

Sources :

 

Isabelle Brabant, « Une naissance heureuse », Éditions Fides

Dre. Bernadette de Gasquet «  En pleine forme après bébé », Éditions Marabout

Ina May Gaskin, « Le Guide de l’allaitement naturel », Éditions Mama

Dr. Jack Newman, « L’importance du contact peau-à-peau » : http://www.breastfeedinginc.ca/content.php?pagename=doc-ISSC-fr

 

http://www.groupelesrelevailles.qc.ca/la-depression-postpartum-au-dela-dune-simple-statistique/

 

 

MOIS DES FEMMES À VAL-DAVID; SOIN REBOZO À PRIX D’AMIE

imagesCAT2H6G5Le Mois des Femmes chapeauté par le Collectif Féminin Sortie 76 bat son plein à Val-David ! Des activités ponctueront les prochaines semaines, qui amèneront sensibilisation, mobilisation et financement de groupes impliqués dans le mieux-être des femmes. Le Centre Pleine Lune est d’ailleurs à la programmation avec une Tente Rouge organisée pour le 16 mars prochain. De plus, c’est une belle collectivité de femmes conscientes et engagées qui se tisse de plus en plus serrée par ici.

 

MA PARTENAIRE-DOULA-REBOZOTE ET MOI SOMMES TRÈS HEUREUSES DE VOUS OFFRIR UN SOIN REBOZO À PRIX D’AMIES DURANT CE MOIS DE MARS.*

 

Dans ce contexte, quoi de mieux que de s’offrir ou d’offrir un soin rituel spécifiquement féminin pour célébrer le corps et l’esprit des femmes? Un soin qui ferme le passé, dépose le présent et ouvre à l’avenir dans un espace-temps qui est le nôtre, il me semble; lent, calme, silencieux. Laissez-vous envelopper, réassurer, réchauffer en 7 points par nos écharpes tissées.

 Voyez le déroulement du soin rebozo ici….

 

Pour qui ?  

Vous, les femmes, mères ou non, à la veille d’un important passage ou au sortir d’un tourbillon, après un accouchement, à la fin de « la famille », au sortir d’un deuil, en relâche, en pause d’allaitement, avant d’entreprendre un grand projet …Faites le point sur un passage, prenez simplement une pause ( ouiiiii !!), célébrez votre chemin…

Comment ?

Contactez-moi simplement en mentionnant cet article; le soin vous sera offert avec plein d’amour, avec une réduction de 75$ !

 

BON MOIS DES FEMMES, MERVEILLEUSES !

 

* Rabais applicable sur les soins Rebozo offerts à domicile dans un rayon de 15km autour de Val-David. Il est possible, pour celles habitant à l’extérieur du ce rayon,  de venir recevoir ce soin à Val-David.

CHOIX ET RICHESSE D’ÊTRE DOULA

DSC08829aSouvent la question m’est posée; pourquoi ai-je choisi ce métier ? Qu’est-ce qui fait donc que malgré son instabilité GLOBALE je ne puis me résoudre à faire autre chose?  Mystérieux métier pas vraiment défini encore, rôle ancestral précieux, pourtant…

 

Après deux accouchements entourée d’amour et un troisième où j’ai cherché un peu plus la main qui allait m’accompagner dans mon ouverture, ma petite sœur attendait incessement son premier bébé. C’est dans mon trajet de retour à la maison, avec mes 2 aînées et ma nouvelle petite fille, que j’ai presque crié : «  Il ne faut plus qu’aucune femme se sente seule pendant son expérience ! Surtout pas ma sœur ! Je vais y aller, moi ! »

 

Puis, le retour à la réalité, l’allaitement à solidifier, le sommeil entrecoupé et les hormones en tourbillon m’ont convaincue de rester sagement à attendre la confirmation de la naissance de ma nièce.

 

En plus de mes propres accouchements, j’avais un vieux souvenir-bâtisseur ; celui de la naissance de ma petite sœur ; la première fois où j’avais vu un corps de femme laisser la voie libre à un nouvel être. Et pas n’importe quel corps, celui de ma mère. J’avais 7 ans. Lors de cette journée, s’est imprimée la certitude que mes gènes étaient bons à accoucher…et j’ai senti pour la première fois la vague d’émotions qui me culbute encore à chaque naissance. Puis à 20 ans, enroulée dans le coin d’une chambre, j’assistais à la puissance et la liberté d’une naissance à domicile. Encore la vague. Mais aussi, interloquée par la force de ce que j’avais vu, l’impression que ce devait être une expérience vraiment immense. Et fragile. Je n’avais pas osé bouger un orteil…

Voilà donc le bagage « naissance » que j’avais lorsque j’ai commencé à fureter discrètement vers l’accompagnement. J’avais longtemps cherché un « vrai » métier, un qui s’apprend à l’école, bien plié dans sa petite boîte.. .Sans succès. Je ne pouvais m’imaginer dans aucun scénario. Je ne m’imaginais pas vraiment non-plus agenouillée pendant des heures, au cœur de la nuit, à soutenir une mère, un père….quoique, oui, peut-être. C’est tellement important.

 

Avec mon bagage, j’ai commencé un parcours de formation. Et alors là, oui, j’étais dans ma vérité. Tout prenait sens. Soutenir les femmes. Comprendre la physiologie de l’accouchement. Le favoriser. Outiller les pères. L’importance du bon vécu de la naissance. L’impact des histoires d’accouchements sur la construction de la personne, tant la mère, le père, le bébé, le couple que de la famille. La globalité de la santé. Sentir des connaissances ancestrales surgir du fond de moi, et aller les valider. Rassurer, écouter, informer, soutenir, soulager, entrer en relation.

 

 

Et moi ?

 

Moi, la petite fille calme, bien gentille, patiente, confiante ? Oui, elle est à sa place. Mes forces me servent indéniablement.  Mais il ne faut pas se leurrer ; ce métier m’attire hors de mon confort ; manquer de sommeil, souvent sans assez manger, protéger, négocier, demander, être toujours prête à partir, accompagner mes filles dans cet imprévu, accueillir mes propres peurs et les laisser passer leur chemin, accompagner sans attentes ; tout ça me confronte souvent et je me sens grandir à grosses bouchées. En accompagnant, je redore mes forces, et je surmonte mes défis. Je grandis.

 

 

Outre ce cheminement, accompagner la naissance m’a offert un beau présent ; je me sens désormais reliée à la force des femmes. Je la sens vibrer en moi, je suis convaincue que toutes les femmes la portent aussi. Comme une connexion à l’histoire universelle et intemporelle des passages que toutes les femmes ont eu à franchir. Il y a tant de beauté, de fougue, d’instinct, de don, de peur aussi, de vulnérabilité dans l’histoire dont nous sommes les héritières … j’espère la gratouiller cette force, que toutes les mères s’approprient leurs accouchements, entourées de vigileance et de bienveillance.

 

J’adore mon métier, qui refuse de se plier dans une petite boîte.

SÉANCES REBOZO PRÉ-NATALES ET POST-NATALES DÈS JANVIER

rebozoRebozo: Écharpe tissée traditionnelle mexicaine tissée à la main. Le rebozo accompagne toute la vie des femmes ; tantôt c’est un châle, un porte-bébé ou un baluchon, ici une couverture ou un hamac…il fait, de plus, partie de techniques sage-femmes traditionnelles ; massages, bercements, étirements, suspensions, soutien pendant l’accouchement, désengagement ou rotation des bébés, fermeture et soutien du bassin, enveloppement, soin post-natal, etc…

Dans notre culture, nous nous sommes approprié ces écharpes dans plusieurs domaines ; les parents-porteurs connaissent bien les bienfaits de porter son bébé/bambin collé collé en écharpe… les physiothérapeutes l’utilisent aussi pour différents étirements et décompressions…

 REBOZO ET MOI …

yclcs-gah 038 D’emblée séduite par la simplicité de l’outil alors que je portais ma première fille, j’ai eu besoin de m’envelopper la bedaine pendant ma deuxième grossesse, et de porter ma deuxième fille collée au chaud pour pouvoir aller me promener dans l’hiver de ses premiers mois…ma troisième sauterelle a pu profiter aussi de portage occasionnel ( bras pleins 🙂 )  presque jusqu’à ses 3 ans, surtout en périodes de pointe !! Puis, mes écharpes et autres tissus se sont transformées en balançoire/hamac/chaise/corde à tarzan au milieu de ma maison…

 

 

 

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Atelier Rebozo avec Esther Tétrault, Val-David 2013. Cet atelier est super complet, motivant, très pratique et relié à notre pratique.

C’est en 2013 que j’ai assisté à un atelier Rebozo axé sur ma pratique de doula. Et voilà, un horizon s’ouvrait à moi. Sentant que je commençais à apprivoiser la bête, j’ai commencé à l’utiliser pendant mes accompagnements en milieu hospitalier ; j’ai vu des mères se l’approprier complètement pendant l’accouchement. J’ai commencé à l’utiliser pour soulager plusieurs inconforts de grossesse chez mes clientes. À outiller le père pour qu’il puisse lui aussi offrir du soulagement à sa conjointe. À envelopper le bassin encore tout ouvert de mes clientes qui venaient de donner naissance (et à accueillir le flot d’émotions provoqué presque systématiquement ) …

 

 

 

ET VOILÀ, LA DOULA EST MAINTENANT PRÊTE À VOUS OFFRIR 2 TYPES DE SÉANCES REBOZO : 

DÈS JANVIER 2014, en plus de l’accompagnement, des cours prénataux et de l’aide aux relevailles, DES SÉANCES REBOZO PRÉ-NATALES ET POST-NATALES À DOMICILE VOUS SERONT OFFERTES ; en pré-natal avec l’objectif de soulager les maux de la grossesse mais surtout de favoriser la détente, la réassurance, l’ouverture à cette nouvelle histoire. La séance offerte en post-natal en sera une de fermeture, de réassurance toujours, de conclusion ; celle-ci sera proposée quand la mère se sentira prête à boucler l’histoire de cette naissance.  

 UN RITUEL POUR PRENDRE.SOIN.DE.LA.NAISSANCE.

 

INTRIGUÉS ? DÉROULEMENTS ET TARIFS

LE PARTENAIRE AMOUREUX ; ALTERNATIVE AU PITOCIN POUR ACCÉLÉRER LE TRAVAIL DE L’ACCOUCHEMENT.

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Iowa City Birth Photographer- Magnifique image du soutien du partenaire !

Pitocin (ou Syntocinon, dépendamment du fournisseur qui aura été choisi) ; Ocytocine artificielle administrée par perfusion intra-veineuse à la mère lors d’un déclenchement ou pour accélérer le travail de l’accouchement.

Les doses sont d’abord minimales, puis augmentées à fréquence régulière jusqu’à ce que le moniteur fœtal ( posé en continu) trace gentiment les courbes qui indiquent à tous les techniciens présents que les contractions sont efficaces.

Rôle de l’ocytocine artificielle : Faire contracter l’utérus.


Aux mères ayant expérimenté le Pitocin, mes respects.

C’est qu’il fait BEAUCOUP contracter l’utérus. À un rythme et avec une intensité souvent beaucoup plus intenses que ce que le corps ferait de lui-même. La sécrétion d’endorphines de la mère, qui lui offriraient soulagement, relaxation, ouverture, bulle, lâcher prise, suit rarement ce rythme. On sait d’ailleurs que l’administration de Pitocin vient d’ailleurs généralement avec sa petite cousine, la demande d’une anesthésie péridurale justifiée.

Oh, j’entends des petites voix en quête de justifications ; « oui mais parfois, il faut que le bébé naisse vite, il y a des situations où… ( pathologies / angoisses en vrac) » Donc, je vous rassure ; je ne suis pas membre d’une obscure secte ANTI-PITOCIN. Je vous rassure, la petite scientifique-en-herbe qui veille dans ma tête sait bien qu’il y a des fois où le Pitocin nous rend service. Voilà d’ailleurs quelques indications médicales qui nécessitent une naissance dans les heures suivantes mais sans nécessiter de césarienne d’urgence ; situations, donc, où le Pitocin serait utilisé :

• Si la mère souffre de : hypertension, pré-éclampsie ou diabète de grossesse pouvant mettre nuire à sa santé et/ou à celle de son bébé.

• Si le bébé montre des signes de retards de croissance ou a été en contact avec certaines infections.

• Rupture prématurée des membranes sans contractions. ( Quoique, peut-être que, parfois, avant de quitter la maison, avant d’utiliser le Pitocin, abuser de la tendresse de notre partenaire pourrait donner le petit coup de pouce qu’il faut pour que notre corps comprenne ?…non ? Une petite stimulation des mamelons, un bon massage, des bizoux… non ?)

Il existe de multiples articles facilement dénichables sur les risques et les incidences des interventions obstétricales. Oui, l’utilisation du Pitocin, c’est une intervention obstétricale qui comporte des avantages, et des risques aussi* (un monitoring fœtal en continu, c’est signe qu’il faut surveiller…). En voici un


ALORS DONC : PRÉCIEUX PARTENAIRES , COMMENT VOTRE PRÉSENCE AMOUREUSE PEUT-ELLE DIMINUER LES CHANCES DE RECOURIR AU PITOCIN POUR ACCÉLÉRER LE TRAVAIL D’UN ACCOUCHEMENT NORMAL ?

EN PERMETTANT À LA MÈRE DE MAINTENIR SON NIVEAU D’OCYTOCINE NATURELLE : La femme qui accouche a la pleine capacité de sécréter sa propre ocytocine naturelle. Elle peut par elle-même se remplir le sang de cette belle hormone qui calme, atténue la douleur, amène de belles contractions, rend amoureux…À CONDITION d’être dans un contexte qui lui permette de le faire. Résumé :

• L’ocytocine est sécrétée dans notre vieux cerveau ; celui-là, il se tait quand notre sacro-sainte intelligence rationnelle s’active (complexe d’infériorité, j’imagine). En clair : si la mère est dérangée, si son intellect est stimulé (formulaires, horloge, comparaisons, analyses, GRAPHIQUES, calculs, examens vaginaux, lumière forte, bruit) c’en est fait.

• L’ocytocine NE PEUT PAS être sécrétée si la mère a peur, est stressée ou angoissée. En effet, dès qu’on est stressée, on sécrète de l’adrénaline et autres de cette famille. Et l’adrénaline NE PEUT PAS être sécrétée simultanément à l’ocytocine. Sauf à la toute fin de l’accouchement ( on y reviendra)

Écoutons notre bon docteur Michel Odent nous parler du comportement de l’ocytocine…

 


 

PARTENAIRES, COMMENT FAIRE ?

• Par tous les moyens, créez une bulle calme dans la chambre. Fermez les lumières. Mettez de la douce musique. Parlez le moins possible, et doucement. Assurez-vous que la mère a chaud (oui, ça a un lien aussi). Après les visites de l’équipe, ré-établissez le plus rapidement possible le contexte propice… » Mettez du calme dans vos mains », nous dit Isabelle Brabant…

• Concernant le stress/peur/angoisse ; visiter vos propres peurs et connaître le déroulement normal d’un accouchement sera certainement facilitant. Car le stress est communicatif. Ça a l’air simple, je sais… plus vous arriverez convaincus de la capacité de la mère à donner naissance à son bébé, plus il vous sera facile de la rassurer dans ses moments de doute. (Oui, parce qu’on est fortes et fragiles en même temps, c’est comme ça !)

 

… ET ME VOILÀ FINALEMENT DANS LE GRAS DE CETTE RÉFLEXION ;

VOTRE PRÉSENCE AMOUREUSE PEUT DIMINUER LES CHANCES DE RECOURIR AU PITOCIN POUR ACCÉLÉRER LE TRAVAIL D’UN ACCOUCHEMENT NORMAL EN STIMULANT (oui , oui !) LA SÉCRÉTION D’OCYTOCINE NATURELLE DE LA MÈRE. (= contractions= accouchement qui va rondement)

Après tout, si cette mère, dans sa grande sagesse, a choisi de vous avoir à ses côtés pendant son accouchement, c’est qu’elle sent l’amour qui vous unit. L’amour …amoureux, l’amour d’amitié, l’amour fraternel, l’amour de parent, l’amour de doula… Par votre attention, votre qualité de présence, votre confiance, vos caresses, vos massages, le calme dans vos mains, l’acceptation de cette femme dans son intense animalité (vaste sujet, j’y reviendrai) , votre sensibilité à ses besoins, vos regards et vos mots doux, vos câlins, votre chaleur, votre odeur… TOUT ce langage secret … c’est une différence MONUMENTALE qu’il vous est possible de faire. Chaque geste amoureux comme autant de gouttes de Pitocin…

…Hé, ça ne vous rappelle rien, des caresses, des massages, le calme dans vos mains, l’acceptation de cette femme dans son intense animalité, votre sensibilité à ses besoins, des regards et des mots doux, des câlins, votre chaleur, votre odeur… ah oui, ça me revient… c’est un peu comme ça qu’on fait les bébés. ( et justement… les hormones en jeu dans l’accouchement sont les même que pendant une relation sexuelle… à méditer)

Tout ça, et avec une accompagnante en plus ? Voyez ce que des pères ont à en dire ! VIDÉO

 

* Selon la Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada: “ Les risques du déclenchement comprennent un taux accru d’accouchements nécessitant une intervention chirurgicale, de césarienne, d’activité utérine excessive, de fréquence cardiaque fœtale anormale, de rupture utérine, d’intoxication maternelle aqueuse, d’accouchement pré-terme en raison d’une erreur de date.. »  – Directives Cliniques de la SOGC no.107, 2001- Le déclenchement du travail 

Référence : L’amour scientifié- les mécanismes de l’amour , Michel Odent, éditions Jouvence.

MES ACCOUCHEMENTS; SOUTIEN À NOS SAGES-FEMMES

Accouchement de Lorie, transition . Maison de Naissance de Pointe-Claire, 2010

MOI, DOULA. MES ACCOUHEMENTS; SOUTIEN À NOS SAGES-FEMMES

Je suis fascinée par tout ce qui pousse. Le corps, les enfants, les êtres, mon jardin, la vie !
J’aime beaucoup sentir le mouvement. Du corps, du temps, des relations, de ma personne.

C’est à 7 ans que j’ai eu la chance d’assister à une première naissance ; celle de ma petite sœur. Je me souviens avoir été impressionnée mais pas apeurée. Je me souviens avoir eu confiance en ma mère, et avoir adoré ce petit bébé, dès le moment où je l’ai prise dans mes bras. Ma sœur était au monde depuis à peine quelques minutes… je me suis dit : « mmm, ça sent bon ! » puis j’ai eu envie de pleurer. Je ne pouvais pas, alors, comprendre que j’étais émue pour la première fois de ma vie.
Reconnaissance envers mes parents, qui ont compris la force de cet élan pour la naissance qui m’animait déjà.

 
Puis, une deuxième expérience ; celle d’assister à une naissance à domicile, chez des amis. Début vingtaine, je devais en principe accompagner la grande sœur du bébé à travers ce jour-là. Mais la grande sœur, au moment de la naissance, dormait paisiblement. Je me suis donc retrouvée, lovée dans un coin, écrasée par la puissance de se qui se passait. Ce fut une naissance merveilleuse, forte et heureuse. J’en eus pour quelques jours à redescendre sur terre.  J’avais reçu une douche d’hormones de l’amour !

 
Puis, ce fut mon tour.
Une première grossesse très attendue, désirée, cajolée. J’aimais prendre du temps seule avec ma bedaine, nager, imaginer ce que devaient être les sensations d’un accouchement. J’avais choisis pour cette grossesse un suivi avec une sage-femme. Une toute petite sage-femme, discrète, patiente.  Zaza. Elle a répondu à toutes mes interrogations, a respecté mes choix. Le jour de la naissance, j’ai baigné presque tout mon travail dans le bain. Je n’avais pas peur, j’étais emportée et parfois étonnée de l’être autant. J’ai poussé ma fille assez longtemps, avec à côté de moi la patience infinie de celle qui savait que j’étais faite pour mettre mon bébé au monde. J’ai enfin accueillie ma fille, elle a su se nourrir, nous regarder… incroyable. Notre famille existait désormais. Incroyable. Avec le recul je sais que cette naissance a été un grand coup de vent frais sur mon identité, mon couple, ma vie. Encore aujourd’hui, Madeleine a besoin qu’on respecte son rythme à elle et elle nous conduit au travers des étapes de sa croissance…

 

 

Au milieu d’une construction dans la forêt, un deuxième petit bébé vint se nicher en moi. Cette grossesse a été plus mouvementée, j’avais les bras pleins de ma première fille, de bois de construction, de travail à poursuivre en ville…cette grossesse a été le temps d’une grande fatigue, d’une anémie aussi. Ce bébé a tout essayé pour m’apprendre à moins en faire ! Je me souviens de belles soirées, à huiler ma bedaine qui signalait son étirement, et de promenades, seule, pour m’occuper un peu de ce petit bébé discret. Toujours à mes côtés, ma douce sage-femme, que j’étais si heureuse de retrouver. Au jour de la naissance, jour de pleine lune, j’ai vécu un début de travail marqué par la peur. J’avais peur de ne pas savoir bien prendre soin de 2 bébés, peur d’aimer moins ce nouveau bébé que ma fille, et il faut dire aussi que je me souvenais encore bien de la première fois ! Arrivée aux instants de l’accouchement où la poussée était imminente, j’aurais bien voulu cesser et retourner tranquillement somnoler chez moi ! Alors, « ma » belle et sage-femme, avec quelques paroles fermes et encourageantes, a stimulé en moi le désir de m’ouvrir et d’accueillir ce bébé.  J’ai lâché.  D’accord.  Allons-y. Et dès ce moment, une contraction un peu plus forte que les autres a fait jaillir le liquide amniotique hors de moi, et quelle puissance ! J’étais dans ma force, dans ce que je pouvais le mieux faire ! Pendue au cou de mon homme, agenouillée, soutenue, étendue, et voilà, quelques poussées et ma seconde fille était là…enfin presque. Sa tête était bien là. Mais, fidèle à ce que je connais d’elle maintenant, elle est restée quelques secondes ( peut-être quelques minutes) le corps encore bien au chaud. Comme si elle avait voulu prendre un instant pour décider si elle voulait vraiment visiter ce monde-là…Calme, les yeux ouverts, l’air curieux, elle observait…son papa. Ce fut un premier regard d’une infinie richesse. Dans le silence. Puis, une autre contraction et je la soulevais pour la mettre contre mon sein. Quelle rencontre, quelle dose d’amour. Ce qui m’étonne toujours maintenant, c’est de voir à quel point ma fille Rosa reste fidèle à ce qu’elle a été pendant sa naissance et comment, de toute sa personne, elle m’incite à l’ouverture…
Nous repartions donc, maintenant quatre. Et la vie qui passe.

 

 

Un an et demi plus tard, surprise ! Moi qui croyais avoir les bras pleins et être au maximum de mes capacités, une petite coquine poussait en moi ! Une fois le choc passé grâce aux réactions de joie de ma fille aînée, je me lançais dans cette nouvelle épopée avec un grand bonheur. Je reconsidérais mes choix, je faisais de la place pour ce nouveau bébé. Naturellement, j’ai voulu retourner voir ma sage-femme, malgré les quelques 130 km qui me séparaient de son lieu de pratique et la naissance prévue en hiver. Une grossesse somme toute facile, un bébé bien en forme, plein de vigueur ! Juste après noël, au milieu d’une nuit, j’ai senti une activité nouvelle dans le bas de mon ventre. Seul hic ; jour de congé pour ma sage-femme. Tant pis, je savais déjà qui allait être avec nous, « ça ira ! ». Je dois dire que cet accouchement a été le plus long des trois, ma cocotte ayant décidé de naître le nez en l’air, vers le ciel ! Un accouchement différent des autres, avec un rythme lent, des contractions espacées, décousues, douces…au fil du temps, en moi l’inquiétude de ne pas reconnaître mes précédents accouchements, la fatigue aussi. Et une sage-femme plus pressée. Moins certaine de comprendre ce qui se jouait, aussi. Ai-je volontairement bloqué la progression de la naissance en réaction à la présence d’une personne ne me convenant pas ? En qui j’avais peu confiance ? De qui je ne percevais pas assez d’empathie ? Parfois j’en suis presque certaine. Tout de même, avec l’arrivée d’une deuxième sage-femme que je connaissais et que j’aimais beaucoup, la présence continue d’une étudiante qui n’a jamais cessé d’appliquer de merveilleuses compresses chaudes sur mon périnée tout au long des 3 heures de cette poussée ( et toujours avec mon amoureux derrière moi), ma petite Lorie se pointait le bout du nez ! En l’air ! Quelle chaleur ! Quel soulagement ! Et quelle vitalité, aussi ! Je lui suis souvent reconnaissante d’avoir pu supporter un si long travail. Toujours son petit cœur qui battait, régulièrement. Reconnaissante aussi envers les sages-femmes présentes qui n’ont pas cherché à stimuler ce travail bien spécifique. C’est ainsi que j’ai pu vivre un troisième accouchement sans interventions, je le sais maintenant.

 

 

Me voilà maintenant, maman de 3 belles fillettes pleines de vitalité. J’atterris à peine de mes propres expériences. Je commence seulement, il me semble, à être une maman. Une maman de grandes filles. Et avec le temps qui se libère un peu, ma passion pour la naissance ne s’éloigne pas. Seulement j’y pense maintenant pour les autres. Je réfléchis sur les besoins des femmes, les contextes de naissance, l’impact de ce passage dans la construction de l’identité.

 

 

De mon premier accouchement, j’ai retiré l’importance de la patience et cette énergie de la naissance que j’adore. De mon deuxième, l’immense impact de la décision d’ouverture de la femme qui accouche. Et, toujours, de la patience. De mon troisième, l’influence des personnes présentes autour de la femme qui accouche, de sa confiance, de son sentiment de sécurité. Et de la patience.  Mes filles m’ont offert mes plus précieux outils d’accompagnante.

Le modèle de soin sage-femme québécois, qui assure un suivi continu aux familles, est un trésor à préserver. Les sages-femmes, par leur compréhension des besoins des femmes, changent le vécu de la naissance de milliers de familles chaque année. Restos vigileants, et soutenons-les  http://www.rsfq.qc.ca/