HORS DU TEMPS

femmequidortComment imaginez-vous les fortes contractions qui précèdent la phase d’expulsion du bébé ? Sur fond de cris, de pleurs ou de jurons, des yeux apeurés, des gens qui courent ou qui s’évanouissent ?  

Et si ça pouvait être différent ? Si on répondait aux besoins des mères, si on avait confiance en leurs capacités ?

Allons-y, pour voir…

Il y a le moment où, enfin, elle se laisse partir. Où elle glisse hors du monde, hors de la vie normale. Entre chaque contraction, elle s’apaise, ralentit sa respiration, puis… tout doux… elle dort. Dur à croire dans notre culture de l’accouchement-état-d’urgence. Mais oui, elle s’endort. Profondément. Elle recharge son corps, son esprit, son bébé. Alors là, je sais que ça va. Je vois son corps qui lui envoie, en pulsation me semble-t-il, de belles décharges d’hormones de bien-être. Puis, peu à peu, le souffle qui prend du pesant. Et les bras qui se tendent. Et nous, les «  entourants », prêts, au poste. Une qui tire, l’autre qui pousse, une aux glaçons, et on reprend. Courage, ma belle. Elle est longue et grande, cette vague… nos visages s’éclairent. Le bébé s’en vient. Ouf… elle est longue. C’est pour bientôt. Voilà… doucement tout s’atténue, diminue… se dépose, comme le corps de cette femme, magnifique femme, qui déjà offre à son bébé tout l’amour du monde.

 

Et nous aussi, « les entourants », on se dépose. Il est le milieu de la nuit.

 

Nous sommes dans une bulle fermée à toute autre chose. Un bébé va naître. On se dépose, les yeux fermés, entre le lit et le meuble. Le papa, un peu fébrile, tendre, assis sur le sol, la tête sur le lit. Mais toujours la main qui soutient le bas du dos de son amoureuse. Fidèle gardien. Qui parfois attrape nos yeux qui lui disent que tout va bien. Une autre, assise attentive auprès de cette femme qui déjà s’est rendormie, la tête contre ses bras. Silence. Le temps (quel temps ?) passe. Parfois quelqu’un respire fort avec cette beauté de femme, repos …nul besoin de plus de mots. On recharge. On est bien. Il fait chaud, noir, une naissance se passe. Silence.

 

Et la danse continue. On oscille, entre la tornade et le plus profond des repos. Tous, nous obéissons au rythme constant de cette naissance. Ensemble, on se lève, on soutient, on y croit. Ensemble, on se pose, on se calme, on s’endort.

 

Il est le milieu de la nuit. Il fait noir, il fait chaud. Une naissance se passe…tout va bien.

image tirée de www.dessintraitdunion.net

5 réflexions sur “HORS DU TEMPS

  1. Un texte qui me fait monter les larmes d’émotion… si toutes on pouvait accoucher ainsi et donner la vie à nos bébés dans ce respect, il y en aurait sûrement une plus grande dose dans notre monde si cruel, violent et égocentrique… l’amour nous manque, on manque d’amour. Merci pour ce superbe texte 😉
    Aurélie

  2. Ce texte est magnifique et m’a tiré une larme! Bravo pour ton blogue!
    Quant à nous, nous avons rendez-vous la semaine prochaine et j’ai bien hâte!!!
    Anne-Marie

    • Merci ! Je trouve important de témoigner des naissances où la confiance et la sécurité ( et les hormones !) règnent, pour sortir des images de « danger » et « d’urgence » qui forment notre culture de l’accouchement. C’est tellement magnifique et fort, la naissance…
      J’ai aussi très hâte de vous revoir !

  3. Pingback: FAVORISER LA NAISSANCE PHYSIOLOGIQUE = RECONNAÎTRE LES BESOINS DES FEMMES QUI ACCOUCHENT ET Y RÉPONDRE. | Amélie Doula

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